Chères élues, chers élus,

La France vit des heures socialement tendues et le mouvement dit des « gilets jaunes » ne doit pas être banalisé. Les raisons de la colère exprimée sont multiples. Mais elles ne sont pas seulement imputables au chef de l’Etat et à l’actuel gouvernement.

Depuis une trentaine d’années, la défiance entre les Français et leurs représentants grandit. La tentation du « dégagisme » vise tous les partis, sans exception, et n’épargnent pas les syndicats ni les corps constitués. Promesses non tenues, chômage de masse, pression fiscale, hôpitaux débordés, montée de l’insécurité… Tous ces problèmes ne sont pas nouveaux et notre pays peine à trouver des solutions dans un monde, qui plus est, en pleine mutation. A cela s’ajoutent de nouveaux défis à relever, comme celui de la transition énergétique…

Personnellement, je pense que la méthode utilisée par le Gouvernement pour inciter les Français à adopter des comportements plus écolo-compatibles était un peu brusque. Elle aurait mérité davantage d’explications. Autrement, on aboutit à l’incompréhension de nos compatriotes, qui finissent par se braquer. C’est certain : la charge fiscale est déjà lourde, et les personnes aux moyens modestes sont les premiers touchés. Mais « en même temps » la préservation de l’environnement est une urgence devant laquelle on ne peut plus faire semblant de reculer.

L’équation est difficile, c’est une évidence. C’est la raison pour laquelle, dans de telles situations, pratiquement inextricables, il appartient à l’Etat de montrer l’exemple. Il peut le faire en réduisant la dépense publique, pour alléger d’autant le poids de la fiscalité en France qui vous le savez, est l’une des plus importantes d’Europe.  Dès lors, libérés de ce lourd fardeau, les Français consentiraient-ils sans doute plus facilement à faire quelques efforts pour respirer un air plus pur.

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