Exfiltration des enfants des djihadistes français

Plus de 100 djihadistes français se trouvent à Idlib en Syrie, dernier bastion rebelle dans le pays, tandis que les forces kurdes syriennes affirment détenir près de 900 combattants étrangers de l’EI, venant de 44 pays. L’effondrement de l’Etat Islamique marque la montée de problématiques liées au retour des djihadistes sur le sol européen, à leur sort judiciaire sur place, ou encore à la présence d’enfants français parmi la soixantaine de familles sur le territoire syrien. 

La doctrine française a longtemps été définie par un traitement au cas par cas des situations et une volonté de laisser la justice irakienne juger les djihadistes français sur place, lieu où les crimes ont été commis, même si cela pose des problèmes du point de vue du droit international (le Kurdistan n’est pas officiellement un pays par exemple). Le sort des enfants de djihadistes restait en revanche jusqu’à présent un point délicat, sans position officielle française. Or on se dirige désormais vers un rapatriement progressif des 150 enfants de familles françaises en Syrie et Irak.

Deux problèmes se posent:

  • D’une part, il faut que les mères de ces enfants, dont beaucoup ont moins de 5 ans, donnent leur autorisation et acceptent de s’en séparer (en effet, la France ne souhaite pas exfiltrer les mères) ; 
  • D’autre part, ces enfants ne sont pas tous localisés avec précision et l’exfiltration peut s’avérer difficile selon l’endroit où ils se trouvent, en particulier pour les zones encore en guerre ou à risque. La France ne disposant pas de canal diplomatique en Syrie, il faudrait faire appel à des ONG présentes (notamment la Croix Rouge, très ancrée dans ce territoire) ou à la bienveillance des forces armées locales pour mener à bien l’entreprise. 

Une fois en France, le sort de ces enfants est relativement établi : après un bilan médical et psychologique complet, visant à détecter les traumatismes de guerre, ces enfants seraient confiés à l’aide sociale à l’enfance, avant d’être éventuellement remis aux grands-parents ou autres membres plus éloignés de la famille. 

Pour l’instant, seuls 3 enfants français ont été rapatriés. Leur mère, Mélina Boughedi, condamnée à 20 ans de prison par la justice irakienne, se trouvait à Mossoul et a accepté de se séparer de ses enfants en décembre 2017. 

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