Chères élues, chers élus,

La réforme de la SNCF vient d’être définitivement adoptée cette semaine par le Parlement ce qui me semble, somme toute, riche d’enseignements.

Alors qu’il est répété à l’envi depuis des années que notre pays est incapable d’évoluer ou de se moderniser, je constate que cette réforme a été conduite, si vous me permettez l’expression, à grande vitesse et sans heurt majeur. Sans doute est-ce le signe que l’opinion publique, souvent présentée comme rétive au changement, a mûri et compris que la France ne pouvait rester en l’état pour affronter le monde de demain. Si tel est le cas, c’est un signe encourageant pour l’avenir car de nombreuses autres réformes nous attendent, et notamment celle de l’unification des régimes de retraite, qui exigeront l’adhésion et la bonne compréhension de nos compatriotes.

Les syndicats ont certes appelé à la grève et même si leur mouvement a perturbé la vie des voyageurs, il n’a pas mis la France sens dessus dessous. Il s’est même progressivement essoufflé, le nombre de cheminots débrayant s’amenuisant de semaine en semaine. Sans doute est-ce, là aussi, le signe de l’inadéquation de l’action des syndicats les plus radicaux, comme la CGT, avec une grande partie du monde salarié qui reste attachée à l’esprit de responsabilité. C’est une bonne chose car le dialogue social n’a jamais été le point fort de la France, contrairement à l’Allemagne où il reste toujours la voie privilégiée de la revendication sociale

Cette réforme va-t-elle améliorer le service public du transport ferroviaire dans notre pays et le rendre plus efficace ? Il est vrai qu’elle laisse de côté le sort des lignes secondaires dont chacun sait qu’elles sont souvent très coûteuses à entretenir, mais qu’elles sont également essentielles à l’équilibre des territoires ruraux qui se sentent parfois abandonnés. Ces arbitrages devront être assumés au cas pas cas par les Régions qui restent, après tout, les mieux placées pour juger de la pertinence du maintien ou non de certaines de ces lignes.

Pour le reste, il me paraît évident que la reprise par l’Etat, à hauteur de 35 milliards d’euros, d’une bonne partie de la dette de la société nationale devrait permettre à celle-ci de repartir sur des bases saines pour améliorer la qualité de ses prestations et moderniser son réseau. L’ouverture du trafic à la concurrence exige en effet qu’elle devienne plus compétitive encore. Il reste à souhaiter que la reprise de cette dette par l’Etat ne pèse pas trop sur les finances des contribuables. Vous pouvez compter sur moi pour y veiller de près.

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