EDITO DE LA NEWSLETTER #162

Chères élues, chers élus,

A la faveur de la réforme de l’audiovisuel public en cours, de la crise que traverse Air France-KLM ou même de déclarations de quelques responsables politiques ces dernières semaines, le débat sur l’opportunité pour l’Etat d’être actionnaire d’une grande entreprise revient à l’actualité.

Pendant longtemps, la participation de l’Etat dans la vie économique du pays allait de soi en France. La doctrine nationale consistait à reconnaître qu’elle était légitime dans les industries dites stratégiques, qu’elles soient nucléaires, du secteur de l’énergie ou de la défense, ainsi que dans les grands réseaux de service public comme les transports, la communication ou le système bancaire.

Cette époque est désormais révolue. D’abord, parce que l’Etat n’a pas toujours brillé par ses compétences managériales, en laissant souvent filer les coûts de fonctionnement de ses entreprises ou en commettant des erreurs tactiques de gouvernance. Ensuite, parce que l’ouverture à la concurrence engendrée par la globalisation de l’économie a parfois obligé l’Etat, de plus en plus endetté, à passer la main faute de pouvoir moderniser lui-même son patrimoine industriel.

Personnellement, je pense qu’il convient d’être pragmatique en la matière et qu’il est préférable d’agir au cas par cas, sans à priori idéologique. Lorsqu’une entreprise connaît des difficultés, il ne me paraît pas inopportun que l’Etat puisse intervenir temporairement pour la sauver. C’est ainsi que Barack Obama avait pu en son temps voler au secours de General Motors ou que François Hollande avait décidé en 2013 d’aider le constructeur automobile PSA à sortir de la crise.

En arrivant à l’Elysée, Emmanuel Macron avait affirmé que l’Etat, hors secteurs stratégiques, n’avait pas vocation à conserver tous ses actifs en évoquant, pour l’exemple, un possible désengagement d’Orange, ex France Télécom. Il avait également souligné son souhait que l’Etat ait une « vision dynamique » de ses actifs comme celle de céder certains de ses titres à hauteur de dix milliards d’euros pour doter un fonds d’investissement dédié à l’innovation.

Dans ce contexte, qu’en est-il du destin d’Air France-KLM ? J’entends dire, y compris par son ancien PDG, M. Jean-Marc Janaillac, que le groupe se porterait mieux sans l’Etat, toujours actionnaire à hauteur de 14% du capital. Le groupe AccorHotel serait d’ailleurs sur les rangs pour lui racheter ses parts.

Je me fais fort de suivre de près l’évolution de ce dossier qui ne doit pas, je le dis clairement, être traité à la légère. J’observe que nombre de compagnies aériennes nationales ont disparu et n’ont jamais été remplacées par des prestataires à la hauteur des attentes de leur clientèle. Je redoute fort qu’un désengagement de l’Etat n’entraîne inévitablement  une dégradation de l’offre proposée aujourd’hui sous pavillon national. Ce qui ne serait pas acceptable.

 Jean-Pierre Bansard

Un commentaire

  1. L’état doit agir en tant que régulateur et en tant que contrôleur que ce soit au niveau de la sécurité et d’une concurrence saine et non pas en temps qu’acteur semi privé, ce qu’il a mal fait depuis des années.
    Pour le transport quel qu’il soit, l’état doit accorder le nombre adéquat de licences d’exploitations limitées dans le temps et assujetties à des conditions. Ces conditions, les mêmes pour tous doivent fixer un cahier de charge à respecter et une partie des dessertes dites non rentables doivent être intégrées dans le contrat entre l’état et le privé, et là on aura bien le service public assuré aux meilleures conditions. Nous sommes dans un système fédéral européen qui impose la concurrence et la déréglementation du marché UE au profit des fonds de pensions planqués dans les paradis fiscaux et donc tant qu’on sera dans ce schéma, il n’y a pas d’autres solutions et il faut donc être très compétitif pour survivre et verser la dîme de 15% aux Seigneurs (ou saigneurs) qui nous dirigent au travers des Institutions Européennes. La France doit, de l’intérieur de la citadelle, fixer d’autres règles plus en adéquation avec un développement durable et harmonieux pour le bien présent et futur des citoyens Européens.

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