Chères élues, chers élus,

Les banlieues françaises sont une fois de plus au cœur de l’actualité. Le président de la République vient finalement de décider de ne pas lancer de nouveau plan spécifique à leur endroit. Depuis quarante ans la France a en effet multiplié les programmes dédiés aux périphéries des villes mais ces opérations se sont révélées souvent coûteuses et rarement couronnées de succès. A vouloir les considérer comme des territoires qu’il fallait traiter différemment, nos gouvernements successifs n’ont finalement pas vraiment rendu service aux banlieues et les mesures « gadgets » ou démagogiques qui ont été appliquées, de-ci de-là, ne leur ont malheureusement pas été très bénéfiques. J’approuve donc la décision d’Emmanuel Macron de ne pas persévérer dans cette direction.

Quelques faits divers récents, comme le face-à-face qui a opposé des malfaiteurs armés de kalachnikovs à des policiers dans une cité du nord de Marseille, montrent qu’il convient de donner la priorité au rétablissement de la sécurité dans de nombreux quartiers que le trafic de drogue transforme en zones de non-droit  livrés au diktat des gangs et rendant la vie des habitants impossible par une violence devenue quotidienne. Il est donc urgent que les forces de l’ordre reprennent le contrôle de ces territoires pour y faire régner l’ordre républicain.

Avec la sécurité, c’est l’autorité qu’il faut également rétablir  dans les banlieues. Elle fait grandement défaut sur la voie publique mais aussi à l’école où les enseignants sont régulièrement pris à partie, pour ne pas dire plus, par leurs élèves. Or, c’est à l’école, creuset de l’intégration, que s’apprend le respect, notion essentielle à la vie en société. Il est donc nécessaire que les efforts promis par le chef de l’Etat, comme le dédoublement des classes de CP, soient intégralement mis en application.

Pour finir, la lutte contre le chômage constitue, de mon point de vue, le troisième champ d’action prioritaire. Alors que la moyenne nationale des personnes sans-emploi avoisine les 9%, elle atteint plus du quart de la population dans les banlieues les plus défavorisées. Je ne peux qu’approuver le président de la République quand il appelle les entreprises « à prendre leur part pour l’emploi dans les quartiers ».

Cette politique exige, selon mon modeste point de vue, davantage de détermination et de courage que de moyens supplémentaires. L’heure est donc venue de nous retrousser les manches et d’œuvrer vers ces objectifs.

Jean-Pierre Bansard
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