Chères élues, chers élus,

Les élections européennes auront lieu dans un an, un rendez-vous de la plus haute importance à mes yeux. A l’heure où le populisme et l’autoritarisme gagnent du terrain dans le monde ici et là, il est capital que l’Union européenne retrouve un nouveau souffle pour défendre ses valeurs que sont la paix, la liberté et la solidarité. Aujourd’hui, l’Europe n’est plus un choix, elle est une nécessité historique pour tous ceux qui la peuplent. Elle peut être aussi un point d’équilibre entre la Chine du tout-puissant président à vie Xi Jinping, la Russie du véloce et nationaliste Vladimir Poutine, les Etats-Unis de l’imprévisible Donald Trump et l’Afrique, continent d’avenir certes, mais dont nombre de ressortissants cherchent à fuir la misère.

C’est bien sûr à la relance du moteur franco-allemand qu’il faut travailler pour redonner de la vigueur au projet européen. Angela Merkel, qui était à Paris la semaine dernière, entame un quatrième et selon toute vraisemblance dernier mandat outre-Rhin. Après une période difficile, liée à l’impopularité de sa gestion du dossier des réfugiés, elle doit songer à la place qu’elle laissera dans l’histoire. La remise en marche de l’Europe lui offre, à ce titre, une occasion en or. Emmanuel Macron, Européen convaincu, est un partenaire idéal pour conduire à ses côtés cette bataille. Et cette bataille passe par le renforcement de la zone euro, une meilleure harmonisation de nos fiscalités et une plus grande maîtrise de notre politique migratoire commune.

Main dans la main, Angela Merkel et Emmanuel Macron doivent mettre un terme au divorce de plus en plus manifeste entre les citoyens et « l’idée européenne ». Cette fracture existe dans les pays d’Europe centrale, comme en Hongrie, en Tchéquie ou en Pologne, mais aussi à l’Ouest, comme l’ont mis en avant les récentes élections italiennes et, auparavant, le Brexit. Il est urgent de simplifier et clarifier le fonctionnement de l’Union européenne afin de la rendre plus proche des citoyens dans le respect des cultures et des traditions nationales. Il faut aussi répéter que ses membres ne peuvent pas être à la fois dedans, pour bénéficier de l’aide économique des Etats les plus riches, et dehors quand cela les arrange. C’est un ambitieux programme, me direz-vous, mais Angela Merkel et Emmanuel Macron doivent impérativement s’y atteler pour réveiller ce que j’appelle la « passion européenne ».

Je terminerai mon propos en saluant les travaux de la 28ème session plénière de l’Assemblée des Français de l’étranger qui s’est tenue à Paris du 12 au 16 mars. Une réunion « habituelle mais pas moins importante », comme a eu raison de le souligner lors de son intervention le secrétaire d’Etat Jean-Baptiste Lemoyne en évoquant la prochaine réforme de la représentation non parlementaire des Français de l’étranger. J’aurai l’occasion d’y revenir. D’ici là, je vous souhaite une bonne fin de semaine.

Jean-Pierre Bansard