Chères élues, chers élus,

Le Salon international de l’agriculture bat son plein à Paris. C’est l’occasion pour des milliers de Français habitant loin des campagnes de renouer avec le monde paysan, avec les terroirs ou leurs origines rurales, et cela dans une ambiance bon enfant entre veaux, vaches et cochons. Néanmoins, derrière cette bonne humeur se cache un malaise profond, celui de la majorité du million d’agriculteurs, familles comprises, qui travaillent la terre française. L’année dernière, le nombre de fermes en faillite a bondi de quelque 6%, une bien sombre réalité qui s’accompagne de terribles drames humains :  on compte en effet près de deux suicides chaque jour dans les campagnes.

Les racines du mal sont bien connues. La mondialisation et les traités de libre-échange exposent éleveurs et cultivateurs à une concurrence très rude. Dans le même temps, la politique agricole commune (PAC), dont a longtemps profité la France, se montre de moins en moins généreuse pendant que les distributeurs, dans un monde de consommation de masse, n’hésitent pas à pratiquer des prix qui ne permettent plus aux producteurs de rentrer dans leurs frais, voire même de se rémunérer. Enfin, la mode du bio et la pression exercée par l’opinion publique pour que soit interdit le recours aux pesticides bouleversent leurs usages.

Les agriculteurs doivent donc s’adapter à la fois aux mutations techniques, aux nouvelles exigences des consommateurs et aux nouvelles règles de la compétition économique. N’oublions jamais que ce sont eux qui nous nourrissent ! Il est donc indispensable de les aider à relever tous ces défis dont les habitants des villes ont souvent trop peu conscience.

Emmanuel Macron a promis d’engager une révolution culturelle sur ce front, pour protéger leurs terres, rendre le calcul des prix de vente plus juste et favoriser la transition vers des modes de production plus soucieux de qualité que de quantité. Pour sa part, l’Union européenne doit, d’ici à 2020, fixer les nouvelles normes de la politique agricole commune.

Il y a urgence car la France des champs, que nous chérissons pour la beauté de ses paysages qui attirent tous les ans des millions de touristes, fait notre fierté quand elle est louée de par le monde pour la qualité de ses vins, pour sa gastronomie et ses accents. Il faut lui redonner espoir. Je compte bien y veiller tout au long de mon mandat et pas seulement le temps d’un Salon de l’agriculture.

Jean-Pierre Bansard

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