Chères élues, chers élus,

Il n’est pas de grand pays sans grande armée. La puissance militaire reste pour les nations une condition nécessaire pour peser dans les rapports de force internationaux et être respectée sur la scène mondiale. En Europe, seules deux d’entre elles peuvent se prévaloir de ce statut : la Grande-Bretagne et la France. Notre pays doit ainsi veiller à ne céder aucun terrain en ce domaine.

J’attendais donc avec impatience de connaître la nouvelle loi de programmation militaire (LPM) pour les années 2019-2025. Celle-ci vient d’être détaillée par le gouvernement la semaine dernière. Elle témoigne sans conteste d’un effort réel et également inédit, depuis les années de la présidence Chirac en tous les cas. Notre armée devrait en effet pouvoir compter sur un budget de 295 milliards d’euros pendant cette période permettant de respecter d’ici 2025 l’objectif imposé par l’OTAN de consacrer 2% de notre PIB à la défense puisque le budget annuel des armées, hors pensions, passera de 34,2 milliards d’euros aujourd’hui à 50 milliards d’euros à échéance.

Après les suppressions d’effectifs massives de ces quinze dernières années, plus de 60 000 hommes, ce ne sont pas moins de 6000 postes, en particulier dans le renseignement et la cyberdéfense, qui seront créés. La modernisation de notre dissuasion nucléaire a également été annoncée avec la mise en chantier du successeur de notre porte-avions « Charles-de-Gaulle » et la livraison des quatre premiers sous-marins nucléaires d’attaque Barracuda.
A cet effort pour mieux doter et équiper notre armée vient s’ajouter la promesse d’améliorer le quotidien de nos 200000 militaires. Le cadre de vie de nos soldats et de leurs familles méritait sans nul doute, après de longues années de vaches maigres, d’être réhaussé : ce sera le cas pour leurs tenues, leurs équipements et leurs logements.

Il reste à souhaiter une bonne exécution de cette loi de programmation militaire tant par le passé la trajectoire financière des PLM n’a pas toujours été respectée, loin s’en faut. Le fait qu’elle se terminera après le quinquennat Macron peut susciter quelques craintes d’autant que l’effort financier prévu pèsera essentiellement sur les années 2022-2025.

L’avenir étant par définition incertain, il faut également espérer que la France n’aura pas à intervenir sur de nouveaux fronts à l’étranger. Les opérations extérieures sont en effet de plus en plus difficiles à assurer efficacement quand elles se multiplient. L’armée française intervient actuellement au Sahel, avec l’opération Barkhane, au Liban avec la Finul et au Levant avec l’opération Chammal. Le gouvernement a annoncé que notre pays se limiterait désormais à trois opérations extérieures simultanées pour éviter la surchauffe. C’est, selon moi, une bien sage décision.
Jean-Pierre Bansard