Pays situé au cœur d’un carrefour stratégique de l’Afrique de l’Ouest, le Mali est une république démocratique dont l’actuel président Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) a été réélu en août 2018 pour un second mandat de cinq ans.

« IBK », reconduit, doit maintenant surmonter de nombreux obstacles (santé, éducation, changement climatique, …). Cependant, depuis plusieurs années, un défi, placé au cœur des préoccupations des Maliens et de la communauté internationale, reste inachevé. Ce défi, c’est celui du maintien de la sécurité et de la paix dans l’ensemble du territoire.

En effet, derrière une forte croissance économique, le Mali est confronté à une situation sécuritaire très instable depuis 2012. Ce contexte ne laisse pas la France indifférente puisque, selon les derniers chiffres du Ministère de l’Europe et des Affaires Etrangères (MEAE), elle ne compte pas moins de 8 592 Français enregistrés dans l’Etat malien.

Les Français vivant au Mali sont donc confrontés à une multitude de risques. Quelle est la nature de ces risques ? Quelles zones éviter ? Quelles activités économiques privilégier ? L’ASFE fait le point pour vous.

I. Contexte sécuritaire

Menace terroriste prégnante

Depuis 2012, le pays est le théâtre d’une guerre ouverte dans le Nord et le centre du pays avec des groupes salafistes djihadistes et indépendantistes pro-Azawad. Le caractère alarmant de cette crise entraîne une mobilisation importante des alliés internationaux et la création de plusieurs forces alliées (l’opération française Barkhane, le G5 Sahel, la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali). Les Forces Armées du Mali sont bien entendu également très impliquées dans la lutte contre les terroristes.

L’implication des forces internationales et maliennes installées au Nord depuis quelques années assure une certaine stabilité sécuritaire. Néanmoins, malgré un accord de paix signé en 2015 entre le gouvernement malien et deux groupes rebelles, les actions terroristes continuent de sévir dans la région. De plus, faute de résultats perceptibles, le sentiment « antifrançais » prend de l’ampleur du côté de la population locale. Une instabilité sécuritaire qui profite également à d’autres groupes malveillants basés au centre du Mali, près de la frontière avec le Burkina Faso et le Niger.

Comme pour le terrorisme et le banditisme, le risque d’enlèvement est surtout élevé dans le Nord et le centre du pays. Afin d’éviter ce type d’incident, il est fortement recommandé d’éviter tout déplacement touristique dans la région ; les déplacements à caractère professionnel peuvent s’effectuer soit en convoi, soit sous protection militaire. Dans ce cas, il est également fortement recommandé de se loger dans des établissements disposant d’un système de sécurité performant.
Du fait de ce contexte sécuritaire dégradé, il est formellement déconseillé de se rendre dans de nombreuses zones maliennes (voir carte du Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères ci-dessous).

Criminalité croissante

Cette situation s’accompagne d’une recrudescence de la criminalité et du banditisme dans le nord et dans une large partie du centre du Mali. Dans le reste du pays, les atteintes aux biens et aux personnes sont moins fréquentes, mais le risque n’est pas à négliger.

II. Contexte économique et social

En dépit d’un climat sécuritaire instable, la croissance économique du Mali ne faiblit pas. Bien au contraire, elle a atteint 4,7 % en 2019 et est impulsée par plusieurs facteurs :

Un secteur primaire robuste

L’agriculture contribue fortement au dynamisme économique du pays. Le secteur cotonnier et céréalier (riz, maïs, etc.) est notamment un véritable atout. Cependant, les campagnes agricoles restent fortement dépendantes des conditions météorologiques et laisse les affaires commerciales du Mali dans l’incertitude.

Une production aurifère satisfaisante

L’environnement sécurisé des régions minières et les importants flux d’IDE (Investissement Direct à l’Etranger) permettent au Mali d’accroître sa production ainsi que ses exportations en or (14 % du PIB et 70 % des exportations de biens).

L’augmentation de l’investissement public (8,7 % du PIB)

Un important effort financier a été réalisé par le Mali dans la construction et/ou la réhabilitation d’infrastructures (télécommunication, électricité, transport, etc.) ; il s’agit d’une décision politique prise en faveur du développement du monde des affaires. Ce dernier pâtit naturellement du manque de moyens matériels mais également de l’instabilité sécuritaire du pays.

Il est indéniable que le Mali jouit aujourd’hui d’une situation économique et commerciale dynamique. En 2020, le pays devrait pouvoir compter sur son secteur tertiaire (transports, industries, services commerciaux et financiers, etc.) qui sera, en plus du domaine agricole et du secteur de la construction (de logements, notamment), l’un des principaux moteurs de sa croissance.
Cependant, la persistance des menaces terroristes et la montée de la contestation sociétale peuvent constituer des freins importants à cette dynamique. A cet égard, le résultat des élections législatives de mai 2020 représente, à court terme, un enjeu majeur.

Sources :

https://www.coface.com/fr/Etudes-economiques-et-risque-pays/Mali
https://www.diplomatie.gouv.fr/fr/conseils-aux-voyageurs/conseils-par-pays-destination/mali/
https://www.lemoci.com/fiche-pays/mali/risques-pays/
https://www.banquemondiale.org/fr/country/mali/overview

Didier Veller