Deux mois après l’apparition d’un nouveau coronavirus en Chine, le monde retient son souffle. L’épidémie atteint tous les continents et la contamination s’accélère à travers la planète. Nul n’est capable de prévoir l’avenir : ni la Chine, dont le régime semble chaque jour plus fragilisé par cette maladie, ni l’Organisation mondiale de la santé qui peine à tenir un discours rassurant – et constant – sur le sujet. Du coup, l’inquiétude gagne de plus en plus de pays, même très éloignés du foyer asiatique. Tous les gouvernements cherchent des parades pour se protéger, les marchés financiers s’affolent et plongent. Nous avons rarement observé pareille anxiété sur la scène internationale dont la cause n’est ni la peur d’un conflit armé ni la crainte d’une violente récession économique.

Le fait que l’origine du malaise soit une menace sanitaire est pour le moins singulier de nos jours. Qu’au XXIème siècle, à une époque où l’hygiène de vie, la prévention vaccinale et la protection médicale n’ont jamais été aussi poussées partout dans le monde, il est paradoxal de voir un virus mettre la planète sens dessus dessous ! Comme, jadis, la peste ou, naguère, la grippe espagnole ; laquelle, née également en Chine au début du siècle dernier, fit plus de victimes, faut-il le rappeler, que la guerre de 14-18. Preuve que le progrès ne rend pas invincible : nous ne serons jamais à l’abri de phénomènes épidémiques même si, aujourd’hui, on sait probablement mieux en limiter les effets mortels que par le passé.

Cet épisode du coronavirus m’inspire trois brèves réflexions. D’abord, face à une crise sanitaire, les régimes les plus autoritaires, comme la Chine, se révèlent d’une grande fragilité ; Gorbatchev avait avoué que la catastrophe de Tchernobyl avait en partie provoqué la chute de l’Union soviétique. Ensuite, la mondialisation, avec la multiplication des échanges, des voyages et du commerce, favorise évidemment l’internationalisation des problèmes, notamment sanitaires. Enfin, l’instantanéité de l’information, due à la révolution technologique que nous vivons, permet néanmoins de mieux se prémunir contre les dangers. Il n’est pas inutile de rappeler ce dernier point à tous ceux qui ont la nostalgie des temps anciens. Non, ce n’était pas forcément mieux avant…

 

L’équipe de l’ASFE