Programme d’invitation des personnalités d’avenir : un levier d’influence diplomatique française confirmé

poignée de main, accords bureau

Le programme d’invitation des personnalités d’avenir (PIPA) est un dispositif du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères qui permet à de jeunes talents étrangers prometteurs d’effectuer un séjour d’une semaine en France, afin de rencontrer des acteurs politiques, économiques, scientifiques et culturels.

Créé en 1989, il fait aujourd’hui l’objet d’un bilan particulièrement positif, selon la réponse publiée le 10 juillet 2025 à une question de la sénatrice Sophie Briante Guillemont.

Un outil d’attractivité stratégique

Inspiré du modèle américain, le PIPA s’adresse à de jeunes talents étrangers, généralement de moins de 40 ans, identifiés par les ambassades françaises comme « prometteurs » dans leur domaine. Chaque année, des invités sélectionnés séjournent une semaine en France pour un programme sur mesure, mêlant rencontres institutionnelles, visites de terrain et échanges culturels.

L’objectif : tisser des liens durables avec celles et ceux qui, demain, joueront un rôle majeur dans la vie politique, économique, scientifique ou culturelle de leur pays.

Un pari sur l’avenir largement confirmé

En près de quarante ans, le programme a accueilli plus de 2 300 personnalités issues de 159 pays. Plusieurs d’entre elles ont par la suite accédé à de hautes responsabilités :

  • Richard Goldstone (Afrique du Sud), invité en 1992, devenu président du Tribunal pénal international pour le Rwanda et l’ex-Yougoslavie ;
  • Shirine Ebadi (Iran), invitée en 1999, prix Nobel de la Paix en 2003 ;
  • Heiko Maas (Allemagne), invité en 2002, ministre des Affaires étrangères de 2018 à 2021 ;
  • Federica Mogherini (Italie), invitée en 2007, Haute représentante de l’UE pour les Affaires étrangères (2014-2019).

Plus récemment, deux anciens invités (Piotr Serafin, Pologne, et Glenn Micallef, Malte) ont intégré la Commission européenne, tandis que l’Autrichienne Beate Meinl-Reisinger, invitée en 2015, a été nommée ministre des Affaires étrangères en mars 2025.
Des retombées immédiates et des liens pérennes

Outre ce pari sur le long terme, le PIPA enrichit à court terme la réflexion stratégique française : chaque invité apporte un regard neuf et contribue au débat d’idées animé par le Centre d’analyse, de prévision et de stratégie (CAPS), qui pilote le programme.
Le ministère insiste aussi sur l’importance du suivi :

  • les ambassades entretiennent des contacts réguliers avec leurs anciens invités et animent des réseaux d’alumni ;
  • des événements sont organisés lors de visites ultérieures, comme la table ronde sur l’IA accueillant en avril 2025 Angelika Sharygina, ex-invitée d’origine afghano-ukrainienne ;
  • certains groupes thématiques poursuivent leurs travaux, tel le « groupe Océan », qui présentera un projet commun lors de la Conférence des Nations unies sur l’Océan à Nice en 2026.

Une plateforme numérique pour renforcer le réseau

Afin de consolider ce lien dans la durée, une plateforme numérique d’alumni a été lancée en 2024. Déployée d’abord dans 12 pays pilotes (dont le Canada, la Malaisie, le Cameroun ou le Qatar), elle doit être généralisée à l’ensemble des ambassades françaises d’ici la fin 2025.

Un vecteur d’influence assumé

Le ministère tire donc un bilan largement positif de ce programme, qu’il considère comme un outil agile et ciblé au service de l’influence française. En consolidant son réseau d’anciens invités et en adaptant son fonctionnement aux enjeux contemporains, le PIPA apparaît comme un instrument clé du rayonnement international de la France.

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