Indemnité de résidence à l’étranger : le gouvernement défend sa méthode de calcul, critiquée pour son manque de clarté

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Le 8 mai 2025, la sénatrice Sophie Briante Guillemont a adressé une question écrite au ministre de l’Europe et des Affaires étrangères concernant l’indemnité de résidence à l’étranger (IRE), perçue par les agents publics en poste hors de France. Elle dénonçait une méthode de calcul jugée « illisible », tant pour le Parlement que pour les agents concernés.

Une indemnité essentielle mais complexe

Créée par le décret n° 67-290 du 28 mars 1967, l’IRE vise à compenser les conditions locales de vie et les sujétions liées aux fonctions exercées à l’étranger. Elle constitue le principal émolument des agents expatriés, qu’ils relèvent du ministère de l’Europe et des affaires étrangères (MEAE), du ministère des armées, de l’économie et des finances ou de l’intérieur.
L’IRE remplit un double objectif : assurer des conditions de vie équitables et maintenir l’attractivité de postes parfois situés dans des zones coûteuses ou dangereuses. Elle est révisée chaque trimestre pour intégrer les variations de change et d’inflation locale, et annuellement dans le cadre d’un « reclassement » tenant compte de facteurs qualitatifs tels que la sécurité, la pollution ou les conditions de travail.

Une méthode jugée opaque

Un rapport sénatorial de 2019 avait déjà souligné le caractère complexe du dispositif : une formule de calcul fondée sur 240 grilles de pays et 18 groupes de grades, alimentée par les données du cabinet Mercer, spécialiste du coût de la vie. Cette méthode, perçue comme technique et difficile à comprendre, nourrit parfois les critiques, jusqu’à alimenter le débat sur une éventuelle fiscalisation des IRE.

La sénatrice demandait donc si une réforme de simplification était envisagée afin d’assurer plus de transparence pour les agents comme pour les parlementaires.

La réponse du ministère : une procédure « mécanique et uniforme »

Dans sa réponse publiée le 21 août 2025, le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères a défendu la logique actuelle. Les montants sont établis par comparaison avec une base « Paris 100 » et reposent sur trois piliers : coût de la vie, coût du logement et conditions de vie.

Les ajustements trimestriels dits de « change-prix » sont mécaniques et uniformes, opérés à la hausse comme à la baisse, et publiés par arrêté au Journal officiel. L’exercice annuel de reclassement, qui permet d’intégrer des éléments qualitatifs, est budgétairement neutre : les augmentations dans certains pays sont compensées par des baisses ailleurs. Le ministère assure également veiller à la transparence interne : mise à disposition d’explications synthétiques et illustrées sur l’intranet du MEAE, diffusion systématique de notes explicatives aux postes diplomatiques et consulaires, réunions de dialogue social, ainsi que la possibilité pour les agents de solliciter des précisions auprès des services compétents.

Un équilibre entre rigueur et lisibilité

Le gouvernement met donc en avant un système qu’il juge rigoureux et partagé avec d’autres administrations étrangères ou grandes entreprises. Mais les critiques sur sa lisibilité demeurent, et la question posée par la sénatrice relance le débat : comment concilier technicité des calculs et transparence pour les agents ?

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