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Accompagner les PME ivoiriennes : le parcours de Sarah Bamba

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Après plus de vingt ans d’expérience dans la finance et l’audit, notamment au sein de grands groupes internationaux et de PME, Sarah Bamba a choisi de mettre son expertise au service des petites et moyennes entreprises en Côte d’Ivoire. À travers son entreprise YMANSIMANS Consulting et son centre d’affaires DOM&CO Abidjan, elle accompagne les entrepreneurs dans la création, la structuration et le développement de leurs activités.

Pouvez-vous présenter votre entreprise et vos activités ?

Je dirige une structure d’accompagnement dédiée aux entrepreneurs et aux PME, notamment aux personnes qui souhaitent créer une activité en Côte d’Ivoire, qu’elles soient déjà installées dans le pays, issues de la diaspora ivoirienne ou qu’elles viennent de France ou d’autres pays pour investir.

Nous intervenons dans la création et la formalisation d’entreprises, l’accompagnement administratif, financier et organisationnel, ainsi que dans la structuration des PME.

À travers DOM&CO, notre Business Center, nous complétons cet accompagnement par des services de domiciliation, des bureaux privés et des espaces professionnels adaptés aux entrepreneurs et aux entreprises qui souhaitent s’implanter en Côte d’Ivoire sans supporter immédiatement les contraintes liées à leurs propres locaux.

Nous accompagnons également les entreprises dans leurs démarches liées aux agréments à l’investissement, notamment dans des secteurs prioritaires comme l’agriculture ou la santé, afin de leur permettre de bénéficier, lorsqu’elles y sont éligibles, des dispositifs fiscaux prévus par l’État ivoirien.

Quel est votre parcours avant de créer votre entreprise ?

Je suis entrepreneure depuis cinq ans. Auparavant, j’ai construit l’essentiel de mon parcours professionnel dans les fonctions financières. J’ai commencé par l’audit et l’expertise comptable, notamment chez Ernst & Young, avant de rejoindre plusieurs grandes entreprises et PME. J’y ai occupé différentes fonctions, notamment celles de responsable comptable, de contrôleur financier et de directrice financière.

Au fil de ce parcours, j’ai développé un intérêt particulier pour les PME. J’ai constaté que les grandes entreprises disposaient généralement d’outils, de procédures et de compétences internes auxquels les petites structures n’avaient pas toujours accès.

J’ai progressivement eu envie de mettre cette expérience à leur disposition afin de les aider à mieux se structurer sur les plans administratif, financier et organisationnel, mais aussi à devenir plus solides et plus attractives pour leurs partenaires et investisseurs.

Comment est née cette envie d’entreprendre ?

J’ai toujours su que je voulais travailler avec les PME. Même lorsque j’étais salariée dans un cabinet d’audit, c’était déjà une orientation qui me tenait à cœur.

En 2020, pendant la période du Covid-19, alors que j’étais enceinte de ma fille, j’ai beaucoup réfléchi à la suite de mon parcours. Je me suis demandé comment je pouvais apporter davantage et utiliser mes compétences autrement.

À l’origine, je pensais créer une activité de directrice financière externalisée afin d’accompagner les entreprises dans la gestion de leurs problématiques financières.

Puis, au fil des rencontres, j’ai identifié d’autres besoins. Certaines entreprises avaient besoin d’aide pour créer leur structure, tandis que d’autres recherchaient une adresse administrative ou des bureaux adaptés à leur activité.

Mon offre s’est donc développée progressivement, toujours autour du même objectif : apporter aux PME les outils, les services et l’accompagnement dont elles ont besoin pour se structurer et se développer durablement.

Qu’est-ce que l’entrepreneuriat vous a appris après cinq années d’activité ?

L’entrepreneuriat m’a beaucoup appris sur moi-même. Dans le salariat, il existe une forme de sécurité, notamment grâce au salaire qui tombe chaque mois. L’entrepreneuriat fonctionne différemment.

J’ai découvert une grande diversité de missions. Il faut être à la fois gestionnaire, commerciale, responsable administrative et financière, tout en sachant écouter les clients et comprendre leurs besoins.

C’est un environnement dans lequel les défis sont permanents, qu’il s’agisse de la gestion des ressources humaines, de la relation client ou du développement de l’entreprise.

Mais surtout, je me suis sentie utile. J’ai la possibilité d’accompagner des entrepreneurs dans leurs projets, de les aider à comprendre les démarches administratives, fiscales et réglementaires, et de leur permettre de démarrer leur activité sur de meilleures bases.

Y a-t-il des accompagnements de PME qui vous ont particulièrement marquée ?

Il y en a plusieurs. Certaines missions sont particulièrement stimulantes par leur technicité, notamment lorsqu’elles concernent des problématiques financières, de structuration ou d’investissement.

Mais les accompagnements qui me marquent le plus sont souvent ceux où l’on voit une entreprise évoluer dans le temps. Voir une petite structure que l’on a accompagnée à ses débuts devenir, deux ou trois ans plus tard, une entreprise qui recrute, qui grandit, qui améliore son organisation et gagne en autonomie est une véritable satisfaction.

J’accompagne également des dirigeants qui traversent des périodes de transition ou qui doivent prendre des décisions importantes. Dans ces moments-là, le besoin dépasse parfois la dimension financière : le dirigeant a aussi besoin d’un interlocuteur avec lequel prendre du recul, challenger ses choix et réfléchir à sa stratégie.

L’entrepreneur peut être très seul. Pouvoir échanger avec lui sur ses difficultés, ses ambitions et sa vision à long terme fait aussi partie de mon rôle.

Selon vous, les PME sont-elles suffisamment valorisées par les politiques publiques ?

Je pense que les pouvoirs publics font des efforts importants. En Côte d’Ivoire, plusieurs dispositifs et structures existent aujourd’hui pour accompagner les entreprises, notamment dans la création d’activité, l’investissement, le financement ou l’accès à certains avantages fiscaux.

Depuis que je travaille dans ce domaine, j’ai constaté des améliorations dans certains services et une volonté de faciliter les démarches administratives. Cependant, l’enjeu ne consiste pas seulement à créer davantage d’entreprises. Il faut aussi les aider à franchir les premières années, à se structurer, à tenir une comptabilité fiable, à maîtriser leur trésorerie, à organiser leurs ressources humaines et à comprendre leurs obligations.

C’est probablement sur cet accompagnement dans la durée que nous devons continuer à progresser collectivement. Une PME bien structurée a davantage de chances de grandir, de recruter et d’accéder au financement.

Le contexte reste exigeant. La Côte d’Ivoire connaît une croissance rapide, avec une population jeune et de nombreux diplômés qui arrivent sur le marché du travail. L’entrepreneuriat est donc devenu une voie importante, même si des défis subsistent.

Je pense que l’État, comme dans beaucoup de pays, cherche à adapter ses dispositifs aux besoins du terrain. Il reste essentiel de poursuivre ces efforts pour que les entreprises puissent non seulement voir le jour, mais aussi se développer durablement.

Pourquoi le passage par le salariat peut-il être utile avant de se lancer dans l’entrepreneuriat ?

Le salariat permet d’acquérir des bases importantes. On y apprend notamment à travailler avec des clients, à gérer des fournisseurs, à comprendre les états financiers, à encadrer des équipes et à fonctionner dans une organisation structurée.

Bien sûr, le salariat ne garantit pas la réussite entrepreneuriale, et l’on peut devenir un excellent entrepreneur sans avoir été salarié. Toutefois, lorsqu’on a bénéficié de cette expérience, il est utile de capitaliser sur ce qu’elle nous a appris : les méthodes de travail, la gestion des équipes, les relations avec les clients et les fournisseurs, la lecture des chiffres et, plus largement, le fonctionnement d’une organisation.

Certaines personnes se lancent directement dans l’entrepreneuriat sans avoir eu l’occasion d’acquérir ces expériences, ce qui peut rendre certaines étapes plus difficiles. L’essentiel est donc de savoir mobiliser ses compétences, de continuer à apprendre et de s’entourer des bonnes personnes.

Quel regard portez-vous sur l’avenir de l’entrepreneuriat en Côte d’Ivoire ?

L’entrepreneuriat va continuer à prendre une place importante. La jeunesse ivoirienne est dynamique, les besoins évoluent et de nouvelles opportunités apparaissent dans différents secteurs.

L’enjeu sera de continuer à accompagner les entrepreneurs pour qu’ils puissent créer des entreprises solides, bien organisées et capables de se développer durablement.

C’est précisément le rôle que je souhaite continuer à jouer : mettre mon expérience financière, administrative et organisationnelle au service des entrepreneurs pour les aider à créer, structurer, piloter et développer durablement leur entreprise.

Sarah Bamba

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