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La canicule n’est plus une crise, mais notre nouveau point de départ

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La France vient de traverser un nouvel épisode de canicule d’une intensité exceptionnelle. Et déjà, les prévisions laissent entrevoir de nouvelles vagues de chaleur dans les prochains jours. Ce qui relevait encore de l’exception il y a quelques décennies devient progressivement la norme. Les événements climatiques extrêmes se multiplient, s’intensifient et surviennent de plus en plus tôt dans l’année.

Un climat qui a déjà changé

Face à cette réalité, la véritable question n’est plus de savoir si le changement climatique existe, ni même seulement comment le freiner. Bien sûr, la réduction des émissions de gaz à effet de serre demeure indispensable. Mais nous devons désormais nous poser une autre question, tout aussi essentielle : nos États sont-ils prêts à vivre dans un climat qui a déjà changé ?

L’adaptation est longtemps restée le parent pauvre des politiques climatiques. Pourtant, elle conditionne désormais notre capacité à protéger les populations. Urbanisme, hôpitaux, écoles, réseaux électriques, transports, gestion de l’eau, prévention des incendies : aucune politique publique n’échappe aujourd’hui aux conséquences du réchauffement climatique.

Préparer la France aux défis climatiques

La France a engagé un troisième Plan national d’adaptation au changement climatique, construit autour d’un scénario de réchauffement de +4 °C sur le territoire métropolitain d’ici à la fin du siècle. Il s’agit d’une évolution importante : pendant longtemps, nos politiques publiques ont davantage cherché à limiter le changement climatique qu’à préparer concrètement le pays à ses effets. Mais le défi reste immense, notamment en matière de financement et de mise en œuvre.

Le rôle de l’État évolue lui aussi. Il ne s’agit plus seulement d’intervenir pendant une crise, mais de l’anticiper. Il faut prévoir des infrastructures adaptées, protéger les personnes les plus vulnérables, accompagner les collectivités, former les administrations et préparer les établissements scolaires, les hôpitaux ainsi que les réseaux consulaires. L’adaptation n’est plus une politique sectorielle : elle devient une condition du bon fonctionnement de l’action publique.

L’expérience des Français de l’étranger, un atout pour l’avenir

Cette réflexion dépasse largement les frontières françaises. Les Français établis hors de France vivent déjà, pour beaucoup d’entre eux, les conséquences très concrètes du dérèglement climatique.

En Colombie-Britannique, nos compatriotes ont été confrontés au dôme de chaleur historique de 2021. En Californie, ils vivent avec des saisons d’incendies de plus en plus longues et destructrices. En Grèce et au Portugal, les évacuations liées aux feux de forêt deviennent presque chaque été une réalité. Dans les Caraïbes et l’océan Indien, les cyclones gagnent en intensité. Plus au nord, les Français installés au Royaume-Uni ont vu, en 2022, le thermomètre franchir pour la première fois les 40 °C, bouleversant un pays dont les infrastructures n’avaient jamais été conçues pour de telles températures.

Ces expériences constituent une source d’enseignements précieuse. Les communautés françaises de l’étranger vivent parfois aujourd’hui ce que la France métropolitaine devra affronter demain. Elles développent des pratiques, des réflexeset des solutions qui mériteraient d’être davantage étudiés et partagés.

Les Français de l’étranger ont également besoin que cette évolution soit pleinement intégrée à notre politique consulaire. Les plans de sécurité doivent désormais tenir compte des risques climatiques autant que des risques géopolitiques.

Pendant longtemps, nous avons pensé le changement climatique comme un horizon lointain. La canicule de ces dernières semaines nous rappelle qu’il est devenu notre présent. La question n’est plus de savoir si nous devons nous adapter.

La seule question est désormais de savoir si nous le ferons suffisamment vite.

Une réponse

  1. Dans de nombreux pays on vie et on travaille avec des températures telles qu’on les connais voir supérieures.
    Il serait donc judicieux de faire un peu de « benchmarking ».
    Les mesures étant connues il est urgent de ne plus parler d’urgence mais d’un plan étudié qui peut être mis en oeuvre rapidement mais avec plusieurs tranches portant par exemple sur cinq an pour les mesures simples (climatisation par exemple) dix ans pour le logement; quinze pour l’urbanisme etc…

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