Une semaine plus tôt, nous écrivions que les Français de l’étranger avaient rendez-vous avec leur démocratie. Ce rendez-vous devait être celui d’une participation simple et accessible grâce au vote par internet, permettant à des électeurs dispersés sur tous les continents de prendre part, malgré les distances, à une élection essentielle : celle de leurs représentants de proximité. Une semaine plus tard, force est de constater que ce rendez-vous démocratique n’a pas eu lieu pour tout le monde.
Des dysfonctionnements massifs et préoccupants
Aux quatre coins de la planète, des Françaises et des Français nous ont signalé des difficultés pour voter : problèmes d’identifiants, de réception de SMS, de mots de passe, procédures trop complexes ou blocages techniques parfois impossibles à résoudre. Bien sûr, le vote électronique demeure une nécessité absolue pour les Français établis hors de France. L’ASFE a toujours défendu, et continuera à défendre, ce mode de scrutin, souvent la seule manière réaliste de permettre la participation électorale de compatriotes vivant parfois à plusieurs centaines de kilomètres de leur bureau de vote.
Mais défendre le principe ne doit pas conduire à ignorer les dysfonctionnements. Cette année, ils ont été plus nombreux et plus visibles qu’auparavant, dans des zones géographiques très différentes. Les chiffres eux-mêmes traduisent ce qui ressemble à un véritable malaise démocratique. À la clôture du vote électronique, 200 133 électeurs avaient voté, soit un taux de participation de 11,93 %, contre 12,93 % en 2021. Dans une quinzaine de pays, la participation n’a même pas atteint les 5 %.
Une frustration démocratique grandissante
Ces chiffres doivent nous interroger collectivement. Car si de tels dysfonctionnements avaient été observés en métropole lors d’élections municipales – même si le vote électronique n’existe ni pour ce scrutin ni pour les élections en France de manière générale – ils provoqueraient immédiatement un scandale politique et médiatique majeur. Il n’y a aucune raison que les difficultés rencontrées par nos compatriotes à l’étranger soient considérées comme secondaires.
L’élection n’est pourtant pas terminée. Certains électeurs qui n’ont pas réussi à voter en ligne pourront encore tenter de se déplacer physiquement. Encore faut-il habiter à proximité d’un bureau de vote, pouvoir se déplacer, ou que le scrutin soit maintenu. Au Mali, par exemple, le vote physique a été annulé pour des raisons de sécurité. Pour beaucoup de Français de l’étranger qui n’ont pas pu voter, le sentiment dominant est aujourd’hui celui de la frustration : avoir voulu participer à la vie démocratique sans y parvenir, avoir été découragés par une procédure complexe ou techniquement inaccessible.
Reconstruire la confiance dans le vote électronique
Nous ne pouvons pas nous satisfaire durablement d’une participation de 12 %. Certes, les élections consulaires ne mobiliseront jamais autant qu’une élection présidentielle. Mais cela ne doit pas devenir une excuse pour accepter une démocratie à bas bruit, réservée à ceux qui maîtrisent parfaitement les outils numériques ou qui ont eu la chance de ne rencontrer aucun obstacle technique. Le vote électronique devrait être un outil de simplification démocratique. Il ne peut pas devenir un mécanisme de désincitation électorale générateur de défiance.
Il faudra donc tirer toutes les conséquences de cette séquence : évaluer précisément les dysfonctionnements rencontrés, identifier les pays les plus touchés, revoir les procédures d’authentification et simplifier l’expérience utilisateur.
Peut-être envisager, un jour, d’internaliser une solution de vote aujourd’hui confiée à des prestataires externes que l’on change régulièrement. La confiance démocratique repose aussi sur cela : la certitude, pour chaque citoyen, qu’il pourra effectivement exercer son droit de vote.
Nous sommes la France.
Nous disposons des compétences technologiques, administratives et démocratiques pour construire un système fiable, simple et accessible. Nous devrions en être capables.
Et désormais, rendez-vous la semaine prochaine pour les résultats de ces élections !



10 réponses
Lamentable sans autres adjectifs synonymes plus vulgaire
Qui plus est, elabores et gere par des tierces entites : dangereux
Le pire c’est que ca touche la grande partie des platformes officielles, voire gouvernementales ( Service Public, CFE (la, particulierement desastreux), Caisse de Retraite, etc, etc…
Resultat : rien, ou pas grand chose en substance, service, competence, etc… de grandes choses en revanche en frustration, incomprehension, degout, perte de motivation, stress, harassement mediatique, etc…
C’est la France – pardon, la france
Lisez ma réponse au message de « Thibout » et vous en prendrez également pour votre grade.
Et ne me dîtes pas, s’il vous plait, que c’est à cause de votre clavier, je n’utilise pas non-plus un « AZERTY ».
La France s’écrit toujours avec une majuscule. Ne serait-ce que pour ceux qui sont mort pour elle!
Avec un taux de participation aussi faible, le vote devrait être retoqué.
Personnellement, j’ai vainement perdu mon temps et ma patience à récupérer un mot de passe qui a gardé son secret.
Idem pour moi depuis 2 ans je l ai signalé au consulat ils ont nié le fait sachant que je fais de l informatique depui 1977
Des incompetents des fonctionnaires paresseux ou une stratégie pour laisser les memes en postd
« des fonctionnaires paresseux » Trop facile de jeter l’anathème sur l’ensemble d’une catégorie de personnels!
Au risque de vous déplaire, j’en connais qui pris en étau face à une hiéarchie soucieuse de plaire au pouvoir en place et des usagers toujours plus exigeants, s’appliquent à faire leur travail avec courage et dévouement. (Info: Je ne suis pas fonctionnaire)
À propos « paresseux », il semble que vous en connaissiez un rayon n’ayant toujours pas « depui (sic) 1977 » découvert le correcteur d’hortographe, la ponctuation, l’apostrophe, l’accent circonflexe et la relecture d’un message avant de le « postder ».
Comme me disait un viel ami aujourd’hui disparu « Ah, ces vieux qu’on de l’âge! »
qu’ont
J’ai trouvé la procédure facile, ayant bien reçu identifiant et mot de passe, mais j’ai dû m’y prendre à plusieurs fois, ne pouvant le faire sur le téléphone à cause du code qui arrivait et m’obligeait à quitter la page de vote. Sur l’ordinateur, pas de problème. Il faudrait signaler aux gens qu’ils doivent voter sur leur PC. Sait-on combien de gens ont essayé de voter sans succès et combien n’ont pas essayé du tout ? Je crois que les Français ne connaissent pas leurs conseillers consulaires. Ils n’en entendent parler qu’au moment des élections. Ils ne s’y intéressent donc pas. En plus, les tendances politiques de la plupart des listes sont cachées, ce qui n’incite pas à la confiance.
Malheureusement, impossible de voter à cause d´un problème technique alors que j´avais un mot de passe et identifiant. Temps perdu et frustration.
Bonjour,
Pris dans le quotidien intense, j’ai voulu voter le 27 mai au soir. Malheureusement, le portail avait fermé à midi.
Dommage.