Olympia Dubischar est une professionnelle du voyage et une créatrice d’expériences immersives basée à Las Galeras, un village côtier situé dans la péninsule de Samaná, au nord-est de la République dominicaine.. Installée dans cette région depuis plus de dix ans, elle développe et accompagne des projets touristiques centrés sur la découverte authentique du territoire, loin des circuits touristiques classiques.
Elle est notamment la créatrice de la Ruta de las Casas Típicas, un parcours culturel et humain situé à Las Galeras, qui permet de découvrir les maisons traditionnelles dominicaines, la vie locale et les paysages ruraux de la région.
Pouvez-vous vous présenter et revenir sur votre parcours ?
Je m’appelle Olympia Dubischar. Mon parcours dans le tourisme s’est construit autour d’une manière de travailler très autonome et indépendante. J’avance généralement seule, en développant mes projets étape par étape, avec une approche progressive et expérimentale.
Je me définis un peu comme une “geek”, dans le sens où je conçois et développe mes propres outils de travail avec l’informatique ; sites web, réseaux sociaux, et désormais l’intelligence artificielle pour appuyer et promouvoir mes projets.
C’est le cas pour la Route des Maisons Typiques que j’ai commencé à déveopper depuis 2022 en concevant par exemple un audioguide complet.
Concrètement, qu’est-ce que La Ruta de las Casas Típicas ?
La Ruta de las Casas Típicas est un circuit touristique situé à Las Galeras, dans la péninsule de Samaná, au nord-est de la République dominicaine.
Il s’agit concrètement d’un parcours d’environ 45 kilomètres qui commence dans le village de Las Galeras, à partir de ce qui est considéré comme “la dernière maison typique” de la rue principale, et qui forme une boucle en passant par la célèbre plage Rincón.
Cet itinéraire permet de découvrir une cinquantaine de maisons typiques situées le long du trajet et visibles depuis la route . Elles peuvent être photographiées, parfois visitées et à l’avenir, pourront constituer un lieu pour passer la nuit chez l’habitant. Cette expérience authentique permettra à des famille souvent humbles de générer un revenu., tout en préservant leur patrimoine familial et en conservant l’aspect pittoresque de la région
L’objectif est de proposer une expérience touristique différente de celle du tourisme balnéaire classique et des « tout-inclus », en proposant un parcours plus rural, plus authentique et plus culturel, qui traverse les chemins de terre, les villages et les paysages de la région de Samaná.
Comment ce projet est-il né et quelles étaient vos motivations ?
Ce projet est né d’un constat assez simple : les maisons traditionnelles dominicaines construites en bois de palmier royal sont en train de disparaître progressivement, remplacées par des constructions en béton, souvent associées à une idée de modernisation et de progrès.
À Las Galeras, ces maisons en bois font pourtant pleinement partie du patrimoine local et de l’identité du territoire. Elles sont encore habitées, utilisées et intégrées à la vie quotidienne des habitants.
L’idée a donc été de créer une route permettant de valoriser ce patrimoine architectural et culturel, de montrer que ces maisons possèdent une véritable valeur historique et touristique, et de contribuer à leur préservation en leur redonnant une utilité économique.

Quel devraient être, selon vous, le rôle des pouvoirs publics dans ce type de projet ?
Les pouvoirs publics ont été informés du projet et ont exprimé un intérêt très positif. Cependant, leur rôle reste limité, notamment sur le plan financier.
Leur intervention se situe surtout dans un soutien indirect, par exemple à travers la formation ou l’accompagnement des habitants au secteur du tourisme. Une des pistes évoquées consiste à aider les propriétaires des maisons à mieux accueillir les visiteurs ou à développer des activités liées au tourisme local comme l’hébergement, ou l’artisanat, afin de leur permettre de générer des revenus en conservant leurs traditions.
Dans le même temps, il existe une volonté de conserver une certaine indépendance du projet afin d’éviter une structure trop lourde ou trop administrative.
Pensez-vous que le tourisme aider éellement à la conservation ou risque-t-il de la transformer ?
Le tourisme peut produire des effets très différents selon la manière dont il est organisé.
Un tourisme de masse peut entraîner une transformation importante des lieux, avec une hausse des prix, une perte d’accès pour les habitants et une réduction du patrimoine à un simple produit de consommation touristique.
À l’inverse, un tourisme plus limité et encadré peut au contraire contribuer à la conservation, car il redonne de la valeur à des éléments architecturaux qui étaient parfois considérés comme obsolètes ou sans intérêt.
À Las Galeras, l’enjeu principal est donc de trouver un équilibre entre le développement économique local, la préservation des maisons traditionnelles et le maintien de la vie quotidienne des habitants.
Quelle est votre vision à long terme du projet ?
À long terme, l’objectif est de faire évoluer La Ruta de las Casas Típicas vers un modèle qui pourrait être reproduit dans d’autres régions de la République dominicaine.
L’idée serait de créer plusieurs routes similaires, adaptées à chaque territoire, afin de mettre en valeur différents patrimoines locaux.
Le projet repose également sur un modèle économique hybride, basé sur des visites en petits groupes sous forme d’excursions et les visites en toute autonomie grâce à un audioguide vendu en ligne.
Une grande partie des bénéfices étant réinjectée dans le développement du projet et la conservation de ces maisons, au travers notamment d’un concours annuel sur le compte Instagram de la Route
Cependant, l’idée principale reste de conserver une approche flexible, indépendante et ancrée dans le terrain, sans transformer le projet en une structure trop lourde ou trop institutionnelle.



