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Vous avez dit « cessez-le-feu » ?

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Il faut se méfier des mots trop vite célébrés. « Cessez-le-feu » est de ceux-là. Il évoque spontanément le silence des armes, le retour du politique, la possibilité d’une respiration. Mais dans le cas iranien, ce mot interroge, même s’il donne à espérer. Car pour le moment il ne désigne pas la fin d’une guerre, seulement son redécoupage.

Certes, Washington et Téhéran ont accepté une pause de deux semaines. Certes, la diplomatie s’active, les médiations se multiplient, et chacun se félicite d’avoir évité l’escalade totale. Mais à peine l’accord annoncé, la réalité l’a déjà contredit.

Car ce cessez-le-feu n’est ni global, ni même respecté.

La trêve comme instrument stratégique de gestion du conflit

Au Liban, les bombardements se poursuivent avec une intensité encore plus importante. Et loin d’être une entorse au cessez-le-feu, ces opérations sont assumées comme extérieures à son périmètre. Le Liban, dit-on, ne fait pas partie de la trêve. Comme si la guerre pouvait être compartimentée, comme si les fronts pouvaient être hermétiquement séparés dans une région où tout est précisément interconnecté.

Dans le Golfe, la situation n’est guère différente. Des attaques de missiles et de drones iraniens ont visé plusieurs États, notamment les Émirats, frappant des infrastructures civiles et énergétiques. Là encore, les faits démentent le discours. On annonce une pause, mais les frappes continuent.

Ce paradoxe n’est pas un accident. Il est au cœur même de la logique du cessez-le-feu tel qu’il est conçu aujourd’hui : non pas comme un arrêt de la guerre, mais comme un instrument de gestion du conflit. Une manière de geler certains fronts, de déplacer la violence plus qu’elle ne disparaît. Une respiration stratégique, non une résolution.

L’illusion diplomatique face à la réalité des violences et des populations

Dans ce jeu complexe, chacun avance ses intérêts. Les États-Unis cherchent à contenir l’embrasement sans s’y enliser davantage. L’Iran tente de desserrer la pression tout en maintenant son influence régionale. Israël poursuit ses opérations contre le Hezbollah, considéré comme une menace prioritaire. À se demander si ce qui est recherché n’est pas la paix, mais une configuration plus favorable du rapport de force.

Le problème, c’est que cette approche fragmente la réalité autant qu’elle la masque. Elle donne l’illusion d’un progrès là où il n’y a qu’un déplacement. Elle transforme le cessez-le-feu en outil de communication autant qu’en levier stratégique.

Or les populations civiles, elles, ne vivent pas dans les communiqués diplomatiques. Elles vivent sous les bombes. Pour elles, la distinction entre les fronts n’a pas de sens. Les habitants de cette région – et les Français qui y vivent – attendent un cessez-le-feu réel, qui tarde à venir. Ce cessez-le-feu partiel révèle ainsi une vérité plus profonde : il n’existe pas une guerre, mais un enchevêtrement de conflits, d’alliances et de rivalités qui rendent toute paix globale extrêmement difficile. Tant que cette complexité ne sera pas affrontée, les trêves resteront précaires et fragiles.

Reste à espérer que les négociations annoncées ne se contenteront pas d’organiser la pause, mais qu’elles ouvriront enfin la voie à une véritable sortie de crise.

2 réponses

  1. En ce qui nous concernent, français vivants en Israël, nous n’attendons qu’une seule chose : que l’Iran, le Hezbollah, les Houtis et le Hamas cessent de nous envoyer des missiles, drones tueurs et autres projectiles désagréables. Pour cela, une seule solution, que l’Iran change de mentalité, de politique, de gouvernement ! Et si la France veut stopper les bombardements du Liban, elle doit déployer tous ses efforts pour aider le Liban à désarmer le Hezbollah ! dès que le Hezbollah ne sera plus une menace, les bombardements israéliens cesseront. Alors, au lieu de se livrer a des rodomontades, des déclarations accusatoires à sens unique, le Président Macron doit appeler un chat un chat et aider efficacement le Liban.

  2. C’est le Hezbollah Islamiste qui a commencé a attaquer en premier la population israélienne en lançant beaucoup de roquettes sur le nord d’Israël. Le Hezbollah Islamiste est donc en tort. En réponse, Israël attaque les zones chiites en non les zones chrétiennes, puisque les chrétiens n’ont pas attaqué Israël. Sachant qu’Israël est bien plus forte que le Hezbollah, et que la population israélienne a été bombardée par le Hezbollah de temps en temps depuis une trentaine d’années, il est normal que la population israélienne veuille en finir avec le Hezbollah Islamiste. Le fait que a chaque fois depuis environ 30 ans, la France empêche diplomatiquement Israël d’en finir avec le Hezbollah Islamiste montre que la France défends les islamistes du Liban, et qui défends les islamistes est contre la paix au Moyen Orient. Pourquoi vouloir préserver le statu quo de la guerre par intermittences au Moyen Orient ? La France est un vendeur d’armes important au Moyen Orient, c’est donc une raison économique dissimulée sous le prétexte de la paix qu n’arrive jamais car la France et d’autres pays vendeurs d’armes empêche diplomatiquement la neutralisation des Islamistes Libanais.

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