Alors que les discussions autour d’un nouveau plan de « paix » pour l’Ukraine s’intensifient, le débat international semble s’être figé autour d’une question cruciale : veut-on vraiment la paix, ou seulement la fin des combats ? Entre une Ukraine épuisée, une Russie déterminée et des alliés occidentaux parfois tentés par le compromis, la France a choisi sa ligne : oui à la paix, mais non à la capitulation.
Une paix qui ne doit pas être un marché de dupes
Depuis que Washington a présenté son projet de règlement – initialement critiqué pour ses concessions implicites à Moscou – l’idée même d’un accord rapide soulève autant d’espoir que d’inquiétude. En surface, l’objectif est louable : faire cesser un conflit brutal qui n’a que trop duré. Mais réduire la paix à un simple arrêt des combats reviendrait à en trahir le sens.
Car une paix dictée, asymétrique, ou ambiguë revêt les habits trompeurs d’un cessez-le-feu condamné à l’échec. Et derrière chaque ligne du texte se joue bien plus que la souveraineté ukrainienne : c’est l’architecture de sécurité européenne qui est en jeu.
La position française : la paix, oui – l’abandon, jamais
Dans ce contexte, Paris s’est imposé comme un contre-poids important. Emmanuel Macron l’a répété avec force : la France ne soutiendra aucune solution qui transformerait l’Ukraine en État amputé, vulnérable ou dépendant du bon vouloir de Moscou.
Cette position n’est pas une posture morale. Elle est stratégique. Accorder à la Russie, au terme de son agression, des gains territoriaux ou politiques reviendrait à valider par la diplomatie ce que les armes n’ont pas entièrement obtenu. Ce serait envoyer au monde le message le plus dangereux qui soit : l’usage de la force paie.
Paris plaide donc pour une paix juste, durable, et assortie de garanties de sécurité concrètes. Pas des promesses abstraites, mais des engagements opérationnels – dont une force internationale post-accord, un soutien militaire continu et une reconstruction solide.
L’Europe derrière la France : une responsabilité collective
Au-delà du leadership français, c’est l’ensemble de l’Europe qui se trouve à la croisée des chemins. Le continent n’a pas seulement soutenu l’Ukraine par solidarité : il l’a fait parce que la sécurité de Kiev et celle de l’Union sont indissolublement liées. Si la Russie sortait renforcée ou légitimée de sa stratégie d’agression, l’effet domino serait inévitable. Le refus français d’un compromis bâclé rappelle ce constat : on ne stabilise pas une région en fragilisant ses frontières ; on ne protège pas la paix en ignorant l’agresseur ; on ne construit pas l’avenir en sacrifiant un pays qui a choisi démocratiquement de s’intégrer à l’Europe.
Les risques d’un accord trop rapide
Les promoteurs d’un accord immédiat avancent l’argument de l’urgence humanitaire – et ils ont raison : chaque jour de guerre est un jour de trop. Mais une paix mal construite comporterait trois dangers :
Pour l’Ukraine : Un statut incertain qui en ferait une zone tampon perpétuellement menacée.
Pour l’Europe : La normalisation d’une logique de révisionnisme territorial, ouvrant la voie à d’autres crises.
Pour le monde : L’effritement du droit international et la dévaluation du principe fondamental : les frontières ne changent pas par la force.
La voix de la France
En insistant pour réviser le plan, pour y intégrer des garanties tangibles, pour rejeter toute ambiguïté sur la souveraineté ukrainienne, la France tente de crédibiliser la paix. Dans un moment où beaucoup cherchent à “mettre fin” à la guerre, Paris rappelle qu’on ne construit la stabilité qu’en refusant les solutions faciles. Les conflits ne se terminent durablement que lorsque les causes profondes sont réglées, lorsque la justice rencontre la diplomatie, et lorsque les principes ne sont pas sacrifiés à la fatigue.
Pour une paix avec dignité
L’Ukraine n’a pas choisi cette guerre. Elle a choisi l’Europe, la démocratie, et un avenir libre. Notre responsabilité est de faire en sorte que cette liberté ne soit pas négociée à la baisse. Dans ce combat, la France joue un rôle essentiel : rappeler que la paix ne doit pas être un arrangement, mais un horizon.



5 réponses
La Paix, OUI !!
La guerre, NON!
La peur, NON!
Defendez -nous ay l’intérieur de notre Pays!
Nous en avons bien besoin…..
Alors expliquez nous quelles sont les causes profondes de cette guerre Russie Ukraine ?
La Russie estime que l’Europe démocratique s’est trop approchée de son territoire (russe) et que si elle n’avait pas réagit, elle était susceptible d’être « contaminé » par le monde occidental-démocratique.
L’Europe et la France peuvent s’offusquer,à juste raison, de l’agression russe, toutefois en cas de fin de guerre sur les frontières d’origine ( avant 2022 et peut-être avant 2014) de l’Ukraine,
les causes profondes du conflit perdureraient à long terme.
C’est la raison qui parle. Il faut être à l’écoute et juste.
Il ne s’agit pas seulement de la France, mais aussi de l’Europe et elle doit montrer et démontrer son existence.
Nous ne voulons pas la guerre, bien entendu. Mais si nous acceptons des décisions injustes en montrant notre faiblesse nous le paierons un peu plus tard, cela est certain.
Donc si l’Europe doit montrer son existence unie et sa force et ne pas accepter de décisions injustes, ce qui est tout à son honneur, la guerre n’est hélas pas prête de s’arrêter !
Pourquoi évoque t-on des pourparlers de Paix alors que l’adversaire ne veut rien lâcher, sans contreparties territoriales ?
Les contreparties territoriales ne sont ni acceptables pour l’Ukraine (contraire à sa constitution) ni acceptable pour l’Europe (grave précédent). Ce n’est pas pour rien que 27 pays se sont unis au sein de l’Europe.
Effectivement, j’ai été un peu réducteur. Je vais donc développer.
1- Histoire : la Russie est un empire depuis quelques siecles. Fondé sur une tradition slave de pouvoir fort. C’est un fait de civilisation.
Elle a perdu des guerres( Afghanistan, guerre russo- japonaise au début XX ème ….), mais ,au fond, n’a jamais été ébranlée, envahie.
2-Geographie: le plus vaste pays du monde, 17 millions de km2, comparé à l’OTAN européen, 780000km2. Un rapide 1 a plus de vingt….
3- Géopolitique : membre des BRICS, dont le PIB total dépasse largement celui de l’UE. Contacts et échanges stratégiques avec la Chine, alliée de la Russie.
4- Économie : DE GUERRE. Alors que nous, nous nous battrions avec quelques Rafale, Typhoon, Eurofighter, et canons Caesar que nous avons largement donné au Président Zelensky….
Empêtré dans des affaires de corruption d’une partie de son État-major.
5- Les causes : les accords de Minsk I et II n’ont pas été respectés par l’Occident. C’est factuel.
6-Le contexte européen : effondrement industriel et disparition programmée de notre industrie automobile par les mesures de Bruxelles.
Appauvrissement général. Mécontentement populaire énorme. Il faut un contre-feu pour éviter l’insurrection. Poutine est LE méchant et il faut faire peur, c’est une pure diversion.
Voilà les faits, froids, justes. À méditer.
Bonne soirée.