Après une quinzaine de jours de délibérations, l’Union Européenne est enfin parvenue à désigner les leaders de ses institutions. La nomination de Christine Lagarde et Ursula von der Leyen à la présidence de la BCE et la Commission Européenne marque un tournant pour l’histoire.

 

La France et l’Allemagne en avant-poste

Le couple franco-allemand est finalement parvenu à un compromis concernant les postes convoités des institutions européennes. Le président du Conseil Européen commande les travaux du Conseil. Le gouverneur de la BCE dirige le Conseil des gouverneurs et le Directoire. Le président de la Commission européenne nomme les 28 commissaires. Ensuite, la politique étrangère ainsi que la sécurité sont administrées par un haut représentant.

 

Nous savons désormais que les noms de Frans Timmermans, Margrethe Vestager et Michel Barnier ont été rayés. Alors, la fonction de président du Conseil Européen sera administrée par l’ex premier ministre libéral belge Charles Michel. De son côté, le socialiste espagnol Joseph Castel obtient la responsabilité des affaires étrangères de l’UE. Reste à savoir si la candidature d’Ursula von der Leyen sera confirmée par le vote des eurodéputés aujourd’hui. L’italien David Sassoli a obtenu la présidence du Parlement Européen comme convenu.

 

Même si les Vingt-Huit peuvent souffler et se féliciter d’avoir enfin trouvé une solution finale, la désignation de ces dirigeants reste un facteur de nouvelles divergences. Des réactions discordantes animent les discussions au sein de l’Europe et même à l’international.

 

Emmanuel Macron et Angela Merkel se félicitent des candidats élus en poste. Le président français évoque une   « solution consensuelle » et « extrêmement positive pour l’Europe ». Double victoire pour la chancelière allemande, puisque l’Allemagne n’avait pas eu accès à ce poste depuis cinquante-deux ans. Et de surcroît c’est      « la première femme » à qui il est confié. Même Donald Tusk, président sortant du Conseil Européen s’en réjouit. “Je suis vraiment ravi. Après tout, Europe (princesse de la mythologie grecque) est une femme. Je crois que cela valait de coup d’attendre pour arriver à ce résultat.” dit-il.

 

 

Des dirigeants sous la pluie des controverses

De nombreux spécialistes de la politique monétaire demeurent sceptiques qu’en aux choix des affectations récentes. A commencer par Christine Lagarde à qui l’on reproche de n’être ni économiste et ni monétaire centrale. La stratégiste américaine Alicia Levine à BNY Mellon affirme qu’il s’agit d’un « choix curieux car elle n’est pas connue pour être l’une des grandes penseuses de l’économie ». D’autres encore, se demandent si l’ex-présidente du FMI peut s’ériger en modèle exemplaire européen après avoir condamné pour « négligences » dans l’arbitrage de l’affaire Tapie. La française devra alors faire preuve d’agilité pour succéder au grand Mario Draghi.

Pour Ursula von der Leyen, il s’agit encore de prouver sa compétence sur la scène politique internationale. Et faire oublier aux allemands ses échecs durant sa fonction de ministre de la défense. En montrant que contrairement aux crises et conflits qu’elle a gérés par le par passé, elle sera à la hauteur de la présidence de la Commission Européenne.

Dorénavant, seul l’avenir nous dira si les nouveaux nommés seront aptes à gouverner les institutions européennes. De grandes échéances les attendent …

 

SOURCES:

Courrier International (ici )

Le Monde ( ici )