RETRAITES DORÉES A L’ÉTRANGER : COMBATTRE LES PRÉJUGES SUR LES MOTIVATIONS DE L’EXPATRIATION

Il est nécessaire de lutter contre les stéréotypes qui accompagnent trop souvent les expatriés retraités. Stigmatisés d’être des « exilés fiscaux » s’envolant profiter de la retraite dans des « paradis dorés », les chiffres des dernières études sur le sujet révèlent pourtant une toute autre réalité.

De quoi et de combien de personnes parle-t-on ?

Tout d’abord, ainsi que le relève Anne Genetet dans son Rapport intitulé La Mobilité Internationale des Français il existe de « multiples raisons de partir » mais le travail est le premier motif d’expatriation des Français. En effet, selon l’enquête IPSOS portant sur le lien et la relation avec la France des Français résidant à l’étranger, 38% des personnes interrogées dans l’enquête se sont expatriées pour progresser dans leur vie professionnelle. Un chiffre corrélé par le profil des Français établis hors de France puisque 74% d’entre eux sont des actifs occupés. Par conséquent, la réelle question qui se pose ne porte que sur les 26% d’inactifs restant, qui se composent plus précisément de 15% de retraités qui représentent seulement un peu plus de 200 000 personnes et interroge les destinations et les motivations de ces derniers à l’expatriation.

Où partent-ils ?

Selon le Guide Bien préparer sa retraite à l’étranger du Ministère des affaires étrangères, les retraités français plébiscitent généralement les pays suivants :
L’Espagne, le Portugal, l’Italie, la Belgique et la Suisse concernant les pays de l’Union européenne
Le Maroc et la Tunisie concernant les pays du Maghreb en raison du climat et de leur proximité géographique
Des pays dans la zone de l’Océan indien (Maurice, Madagascar), en Asie (Thaïlande, Vietnam), ou en Amérique latine (Costa Rica, Panama, Uruguay) en ce qui concerne les destinations plus « exotiques ».

Pourquoi partent-ils ?

Toutes ces destinations sont aussi multiples que les raisons potentielles de l’expatriation des retraités avancées par le Ministère ; « un moindre coût de la vie, des conditions climatiques agréables, des mesures fiscales favorables, la recherche d’une meilleure qualité de vie, le souhait de poursuivre à l’étranger une activité professionnelle au-delà de l’âge de la retraite, des motivations humanitaires ou religieuses ».

Une observation peut être alors faite : parmi les pays prisés des retraités, on peut remarquer que le Rapport d’Anne Genetet en identifie certains comme exerçant du « dumping fiscal portant sur les pensions de retraites ». Il en va ainsi du Portugal du fait de la convention fiscale franco-portugaise permettant une exonération totale pendant dix ans, mais également des conventions fiscales avec les pays du Maghreb qui permettent une réduction d’impôt de 80% au Maroc et en Tunisie. Néanmoins, le sondage IPSOS révèle que 26% des expatriés interrogés ont exprimé que « vivre avec un ou des proches » était la raison principale de leur expatriation. Parmi eux, 43% étaient des inactifs, et seulement 7% de tous les expatriés interrogés ont révélé être parti pour « bénéficier d’un régime fiscal plus favorable ».

Pour en savoir plus sur les conventions fiscales sur les revenus et la fortune entre la France et les autres Etats vous pouvez consulter l’article de l’ASFE à ce sujet ici.

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