Depuis 2025, certains élèves scolarisés dans le réseau d’enseignement français au Portugal rencontrent des difficultés pour accéder à l’enseignement supérieur portugais. En cause : la remise en question par les autorités portugaises d’un dispositif qui permettait jusqu’alors de pallier les différences entre les systèmes français et portugais. Interrogé par la sénatrice des Français établis hors de France Sophie Briante Guillemont, le ministère de l’Europe et des affaires étrangères vient de préciser l’origine du problème et les négociations actuellement menées pour tenter d’y remédier.
Le baccalauréat français reste reconnu au Portugal
Premier point important : la reconnaissance du baccalauréat français au Portugal n’est pas remise en cause.
Les titulaires du bac français peuvent accéder à l’enseignement supérieur portugais après avoir obtenu une equivalência, qui permet de faire reconnaître leur diplôme dans le système portugais. Ils peuvent ensuite candidater dans le cadre du concours national d’accès à l’enseignement supérieur (Concurso Nacional de Acesso).
La difficulté concerne les conditions d’accès à certaines formations. Les universités portugaises peuvent en effet exiger des résultats à des examens spécifiques, les provas de ingresso, dans certaines disciplines.
Or, depuis la réforme du baccalauréat français, le contrôle continu occupe une place plus importante et certaines matières ne font plus l’objet d’un examen final. Le système portugais ne reconnaissant pas les notes de contrôle continu pour ces épreuves d’accès, certains élèves français se retrouvaient dans l’impossibilité de produire la note exigée.
Un dispositif local désormais contesté
Pour résoudre cette difficulté, un accord avait été trouvé entre l’ambassade de France et les autorités éducatives portugaises. Des épreuves écrites étaient organisées localement dans les établissements d’enseignement français au Portugal. Leurs résultats, validés par le service de coopération et d’action culturelle de l’ambassade, étaient ensuite reconnus par les autorités portugaises.
Mais en 2025, le ministre portugais de l’Éducation a remis en cause ce dispositif, estimant qu’il n’était pas conforme à la législation portugaise sur les examens nationaux.
La réponse du Gouvernement français apporte une précision importante sur les raisons de cette décision : les notes obtenues lors de ces épreuves locales ne sont pas officiellement reconnues par le ministère français de l’Éducation nationale et ne figurent pas sur le relevé de notes du baccalauréat.
La décision étant intervenue tardivement pendant l’année scolaire 2024-2025, l’ambassade de France avait obtenu une dérogation pour les élèves souhaitant intégrer l’enseignement supérieur portugais en 2025-2026. Cette dérogation n’a toutefois pas été reconduite.
Des avancées qui réduisent progressivement le nombre d’élèves concernés
Depuis lors, plusieurs évolutions ont permis de limiter les conséquences de cette situation.
La réintroduction d’une épreuve de mathématiques en fin de première a notamment permis d’obtenir une nouvelle équivalence. Les conditions d’accès à certaines facultés de Porto ont également évolué à la suite des délibérations de la Commission nationale d’accès à l’enseignement supérieur (CNAES).
La mise en place du baccalauréat français international (BFI) devrait par ailleurs permettre aux élèves concernés de faire valoir leur note de portugais.
Les autorités portugaises se sont engagées à poursuivre le travail avec la France afin de mieux prendre en compte le parcours spécifique des élèves issus de l’enseignement français à l’étranger. Les établissements français au Portugal mettent également en place, dès cette année, des préparations spécifiques aux examens qui resteraient nécessaires.
Une mission franco-portugaise en cours
Reste néanmoins à trouver une solution durable pour les situations qui ne sont pas encore réglées.
Le ministère confirme qu’une mission associant le ministère de l’Europe et des affaires étrangères, le ministère de l’Éducation nationale et le poste diplomatique français est actuellement en cours.
L’enjeu est double : préserver le caractère national et homogène du baccalauréat français, sans créer des épreuves spécifiques reconnues uniquement à l’étranger, tout en garantissant aux élèves du réseau français un accès équitable à l’enseignement supérieur portugais.
Des mesures d’urgence doivent également être demandées pour les bacheliers concernés cette année.
La mobilisation doit donc se poursuivre. Si plusieurs avancées ont permis de réduire le nombre de filières et d’élèves concernés, les familles ont besoin de règles claires, stables et connues suffisamment en amont. Les différences entre les systèmes éducatifs français et portugais ne doivent pas pénaliser des élèves qui ont suivi leur scolarité dans un établissement français et souhaitent poursuivre leurs études au Portugal.


