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Sexisme en France : le Haut Conseil à l’Égalité alerte sur la « menace masculiniste »

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Le Haut Conseil à l’Égalité entre les femmes et les hommes (HCE) – dont est membre votre Sénatrice Sophie Briante Guillemont – a publié son rapport annuel 2026 sur l’état du sexisme en France, intitulé La menace masculiniste. Fondé sur un baromètre national réalisé auprès d’un échantillon représentatif de la population, ce document dresse un constat préoccupant : malgré une condamnation largement partagée du sexisme dans son principe, celui-ci demeure profondément ancré dans la société française et s’accompagne désormais de la diffusion d’une idéologie masculiniste structurée.

Un sexisme à deux visages

Le rapport confirme que le sexisme en France repose sur deux dimensions complémentaires.

Le sexisme hostile regroupe des attitudes ouvertement négatives ou agressives envers les femmes, marquées par la dévalorisation, la méfiance et parfois la justification de comportements discriminatoires ou violents.

Le sexisme paternaliste, plus insidieux, se présente sous une apparence « bienveillante » mais enferme les femmes dans des rôles de fragilité, de dépendance ou de dévouement.

Ces deux formes coexistent et se renforcent. Ensemble, elles participent à la naturalisation des hiérarchies de genre et alimentent un continuum qui va des remarques sexistes ordinaires jusqu’aux violences les plus graves.

Des perceptions clivées

Le baromètre met en évidence une forte polarisation des perceptions selon le genre et l’âge. Les femmes identifient plus largement le sexisme comme une inégalité structurelle qui les désavantage, tandis qu’une partie des hommes adopte une lecture concurrentielle des rapports de genre, dans laquelle les avancées en faveur des femmes sont perçues comme pouvant créer des désavantages pour les hommes.

Chez les plus jeunes, cette divergence apparaît particulièrement marquée. Le rapport souligne que ces écarts ne relèvent pas seulement de désaccords d’opinion, mais traduisent une véritable fracture idéologique qui structure désormais le débat public sur l’égalité entre les femmes et les hommes.

Par ailleurs, plus l’âge augmente, moins le sexisme est perçu comme un problème social. Une partie importante de la population estime que l’égalité est déjà atteinte, ce qui contribue à relativiser, voire à invisibiliser, les inégalités encore vécues aujourd’hui.

Des inégalités toujours présentes dans la vie quotidienne

Les résultats du rapport confirment la persistance d’inégalités structurelles dans de nombreux domaines.Dans l’espace public, les femmes déclarent plus fréquemment avoir été moins bien traitées en raison de leur sexe, notamment dans la rue et les transports.

Au travail, elles rapportent davantage de situations de discrimination, liées aux écarts de rémunération, à la sous-représentation dans les postes à responsabilité et aux obstacles à l’évolution professionnelle.

Dans la sphère familiale, les femmes décrivent aussi un traitement inégal, que ce soit dans la répartition des tâches domestiques, la gestion de leur liberté ou les attentes liées aux rôles parentaux. Le rapport souligne la persistance d’une vision patriarcale de la famille, dans laquelle les hommes sont associés à la responsabilité financière et les femmes à la sphère domestique.

Violences sexuelles et culture du viol

Le HCE insiste sur la continuité entre sexisme ordinaire et violences sexuelles. Les comportements apparemment anodins – blagues, remarques dévalorisantes, harcèlement de rue – contribuent à créer un climat propice à des violences plus graves.

Le rapport montre que, malgré une condamnation sociale massive des violences sexuelles, des représentations problématiques persistent. Une partie de la population continue de minimiser la gravité des agressions, de remettre en cause la parole des victimes ou d’atténuer la responsabilité des auteurs. Ces croyances participent à ce que le HCE qualifie de « culture du viol ». L’adhésion au sexisme hostile est corrélée à une plus grande tolérance à l’égard de ces situations et à des comportements qui remettent en cause la notion de consentement libre et éclairé.

Le focus inédit sur la « menace masculiniste »

L’édition 2026 consacre un focus spécifique aux mouvements masculinistes. Le HCE les définit comme une idéologie structurée reposant sur un discours de victimisation masculine et de remise en cause des droits des femmes.

Selon le rapport, ces réseaux ne relèvent pas d’une simple dérive individuelle ou d’un courant d’opinion marginal. Ils bénéficient de relais politiques, économiques, financiers et culturels, et se diffusent largement via les plateformes numériques.

Dans leurs formes les plus extrêmes, ces discours peuvent conduire à la banalisation, voire à la justification de violences sexistes et sexuelles. Le HCE estime ainsi que le masculinisme constitue une menace pour l’ordre public et un enjeu de sécurité nationale.

Défiance envers les institutions et recommandations

Si une large majorité de la population juge prioritaire la lutte contre le sexisme, le rapport met en évidence une forte défiance envers l’efficacité de l’action publique. Beaucoup estiment que les actes et propos sexistes restent largement tolérés et que les dispositifs existants sont insuffisants ou mal appliqués.

Les femmes, en particulier, expriment une méfiance marquée envers la justice face aux violences sexuelles, en raison de parcours judiciaires souvent perçus comme défaillants.

Face à ces constats, le HCE formule une série de recommandations. Il appelle notamment à renforcer l’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle, à mieux encadrer les plateformes numériques, à qualifier et sanctionner plus systématiquement le sexisme, à financer des politiques publiques sensibles au genre et à améliorer la compréhension institutionnelle des radicalisations sexistes.

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