Paris, 9 janvier 2026. Devant les ambassadrices et ambassadeurs réunis au Quai d’Orsay, Jean-Noël Barrot a dressé le tableau d’un monde “brutalisé” et annoncé une série de mesures destinées à renforcer l’outil diplomatique français. Au cœur du discours : la montée des tensions géopolitiques, le durcissement des rapports économiques et la guerre des récits, avec un cap revendiqué pour 2026.
Une nouvelle “direction” économique
Annonce la plus structurante : la création d’une Direction de la souveraineté et de la sécurité économique, appelée à succéder à la direction de la diplomatie économique. Le ministre veut en faire un levier central face aux guerres commerciales, aux pressions et aux dépendances : sécurisation des approvisionnements critiques, ouverture de débouchés pour les secteurs fragilisés, et lutte contre la coercition économique en lien avec les douanes.
“Guerre informationnelle” : les postes mis en ordre de bataille
Deuxième axe majeur : la riposte aux campagnes d’influence et aux attaques visant l’image de la France. Le Quai d’Orsay entend renforcer son dispositif et demande aux chefs de poste de mettre en place des comités locaux stratégiques mensuels pour piloter influence et riposte, à partir d’une cartographie des acteurs locaux. Deux outils supplémentaires sont annoncés : une formation dédiée avant départ en zone exposée, et un guichet unique pour soutenir les agents ciblés par des attaques massives (juridique, RH, communication, réputation).
Ukraine : après-guerre, pilier européen de l’OTAN et “intérêts vitaux”
Sur le front européen, Jean-Noël Barrot réaffirme le soutien à l’Ukraine et annonce un travail plus large sur l’“après-guerre” : construction d’une nouvelle architecture de sécurité impliquant l’ensemble du continent, et volonté de bâtir un pilier européen de l’OTAN au moment où les États-Unis préciseront leur niveau d’engagement. Le ministre évoque aussi l’ouverture d’un dialogue entre partenaires européens sur la dimension européenne des “intérêts vitaux”.
ONU, G7 : réforme du Conseil de sécurité et “déséquilibres mondiaux”
Sur le multilatéralisme, Paris veut remettre un sujet explosif à l’agenda : une réforme du Conseil de sécurité dès 2026, avec l’objectif d’élargir la composition en intégrant de nouveaux membres permanents, “en particulier deux pays africains”, via un texte à faire adopter à l’Assemblée générale. Dans le même temps, la présidence française du G7 doit porter un chantier sur les grands déséquilibres mondiaux et nourrir un dialogue plus étroit avec les puissances émergentes.
Narcotrafic, migration, santé : l’international au service des priorités intérieures
Barrot relie explicitement la diplomatie aux préoccupations domestiques. Il annonce l’extension du plan international anti-narcotrafic : après l’Amérique latine et les Caraïbes, les efforts doivent se concentrer “dans les mois qui viennent” sur l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient, puis les Balkans occidentaux. Sur les migrations, une coordination nouvelle ambassades–préfets est lancée avec le ministère de l’Intérieur. Côté santé, la France accueillera en avril un sommet One Health.
Français de l’étranger : vote en ligne et AEFE
Enfin, le ministre promet des améliorations pour les Français établis hors de France : le vote en ligne des élections consulaires de mai 2026 doit être simplifié grâce à France Identité. Il confirme aussi une réforme en cours de l’enseignement français à l’étranger (AEFE), annoncée comme “profonde”.
Discours intégral est à retrouver ici : https://www.diplomatie.gouv.fr/fr/les-ministres/jean-noel-barrot/discours/article/31e-co[…]ambassadrices-et-des-ambassadeurs-discours-de-m-jean-noel


