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Fiabilisation du parc immobilier de l’État à l’étranger : le MEAE accélère la consolidation de ses données

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La gestion du parc immobilier de l’État à l’étranger, assurée par le ministère de l’Europe et des affaires étrangères (MEAE), fait l’objet d’une attention accrue depuis la publication, en mai 2025, d’un rapport critique de la Cour des comptes. Ce dernier pointait de sérieuses lacunes dans la fiabilité, l’homogénéité et la centralisation des données immobilières, fragilisant à la fois l’inventaire patrimonial de l’État et la capacité stratégique du ministère.

Des constats sévères de la Cour des comptes

La Cour des comptes relevait notamment l’absence d’un outil opérationnel unique de suivi du patrimoine immobilier à l’étranger. Le déploiement du logiciel Antilope accusait alors plus de quatre années de retard, tandis que les antennes immobilières à l’étranger utilisaient des outils hétérogènes, parfois non cartographiés ou limités à de simples tableaux Excel.Cette situation, aggravée par la forte rotation des agents, empêchait toute consolidation fiable et exhaustive des données au niveau central. La Cour alertait ainsi sur les risques pesant sur l’inventaire physique des biens, leur valorisation comptable et, plus largement, sur la définition d’une stratégie immobilière cohérente à l’échelle mondiale. Elle recommandait l’élaboration d’un véritable plan de contrôle des données et la vérification systématique des informations transmises par les postes diplomatiques.

Un taux de fiabilisation de 93 % fin 2025

Dans sa réponse à une question écrite de Jean-Luc Ruelle, le ministre de l’Europe et des affaires étrangères souligne les progrès significatifs réalisés. À fin novembre 2025, 93 % des biens immobiliers de l’État à l’étranger sont fiabilisés dans l’inventaire Chorus Re-fx. Cette fiabilisation repose sur le travail d’une cellule dédiée du MEAE, chargée d’un contrôle continu des données (surfaces, titres d’occupation, usages) et de leur mise à jour à chaque mouvement patrimonial : prises à bail, cessions ou mises à disposition de tiers.

Les données techniques sont régulièrement actualisées lors de missions sur site menées par les antennes immobilières, ainsi qu’à l’occasion de diagnostics confiés à des architectes et bureaux d’études spécialisés. Leur cohérence est également examinée de manière collégiale dans le cadre de l’instruction des dossiers soumis à la Commission chargée d’émettre un avis sur les opérations immobilières de l’État à l’étranger (CIME), qui a examiné 260 dossiers en 2024.

Le déploiement de la base de données Colibri

Si la qualité technique des données est jugée satisfaisante, le ministère reconnaît que leur disponibilité et leur centralisation ont longtemps fait défaut. Pour y remédier, la base de données Colibri, développée à partir du logiciel Antilope, a été déployée sur les serveurs du ministère à l’automne 2025.

La formation des agents se poursuivra en janvier 2026, tandis que le versement progressif des données concernera, au premier semestre 2026, les bâtiments identifiés comme prioritaires. L’outil a été conçu pour être interopérable avec d’autres bases, notamment le Référentiel technique de la Direction de l’immobilier de l’État, grâce à des procédures d’importation et d’exportation automatisées ou semi-automatisées.

Un accent renforcé sur la transition énergétique

La fiabilisation des données s’inscrit également dans les objectifs de transition énergétique du parc immobilier de l’État. Le réseau des stagiaires « Ambassade verte » réalise chaque année des bilans énergétiques et carbone des emprises à l’étranger : 100 bâtiments ont ainsi été audités dans 38 pays. En 2024, ces emprises ont consommé 28 198 MWh, et 83 % d’entre elles affichent une étiquette énergétique A, B ou C.

Par ailleurs, l’outil de suivi des fluides interministériel (OSFI), développé par la Direction de l’immobilier de l’État et la Direction des achats de l’État, est actuellement déployé en France. Une phase d’expérimentation a été lancée en septembre 2025 dans cinq pays pilotes – Royaume-Uni, Japon, Suisse, Danemark et Autriche – afin d’évaluer la faisabilité d’un déploiement mondial, rendu complexe par la diversité des fournisseurs d’énergie à l’étranger.

Vers une gestion immobilière plus stratégique

Avec la montée en puissance de Colibri et le renforcement des contrôles, le MEAE entend répondre aux recommandations de la Cour des comptes et se doter, à moyen terme, d’une vision consolidée et fiable de son parc immobilier à l’étranger. Un préalable indispensable pour piloter efficacement un patrimoine stratégique, coûteux et soumis à des enjeux croissants de sécurité, de performance énergétique et de soutenabilité budgétaire.

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