À l’approche des élections des conseillers des Français de l’étranger prévues en mai 2026, le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères (MEAE) poursuit le développement d’une nouvelle solution de vote électronique. Les enseignements de ce dispositif ont été rendus publics dans le cadre d’une réponse à une question écrite de la sénatrice Sophie Briante Guillemont.
Une réponse ministérielle pour faire le point
La question écrite, déposée le 13 novembre 2025, portait sur les résultats du premier test grandeur nature (TGN) du nouveau système de vote par internet, organisé du 7 au 10 novembre 2025. Elle faisait notamment état de dysfonctionnements rencontrés par certains électeurs, tant dans la réception des codes d’accès que dans l’utilisation de l’identité numérique ou des procédures de réassort.
Dans sa réponse officielle, le ministère détaille le déroulement et les conclusions de ce test, réalisé avec le prestataire Voxaly-Docaposte, sous le contrôle du Bureau de vote électronique, de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes de l’information (ANSSI) et d’experts indépendants.
Un bilan « globalement positif »
Sur les 13 075 électeurs volontaires répartis dans les 130 circonscriptions électorales consulaires, 3 511 ont pris part au vote, soit un taux de participation de 27 %. Un niveau jugé suffisant pour un test à blanc, destiné avant tout à éprouver la robustesse technique et l’acceptabilité du dispositif.
Trois innovations majeures testées
Le TGN avait pour objectif principal de tester trois évolutions importantes de la plateforme de vote :
- L’authentification via France Identité, l’identité numérique certifiée adossée à la carte nationale d’identité électronique. Parmi les 2 384 électeurs volontaires disposant de cette identité numérique, 472 l’ont utilisée, soit 13,5 % des votants. Les retours sont décrits comme très positifs.
- La procédure de réassort du mot de passe via la messagerie Signal, conçue comme une solution alternative sécurisée.
- Une nouvelle ergonomie du portail de vote, intégrant la charte graphique actualisée de l’État afin d’améliorer l’expérience utilisateur.
Des dysfonctionnements identifiés et analysés
La réponse ministérielle confirme plusieurs difficultés observées durant le test : un défaut initial de configuration des pare-feu applicatifs, un nombre important de courriels d’identification classés comme spams, des problèmes ponctuels de réception des SMS dans certaines zones, ainsi qu’un faible recours au réassort via Signal.
L’ensemble de ces dysfonctionnements a toutefois été analysé, et leurs causes identifiées, afin de permettre des corrections avant la prochaine phase de test. Une cellule d’assistance dédiée a par ailleurs traité 1 309 demandes d’électeurs au cours de la période.
Un second test prévu avant les élections
Toujours selon la réponse à la question de Sophie Briante Guillemont, un second test grandeur nature est programmé du 20 au 25 février 2026. Il permettra notamment d’expérimenter un nouveau format de récépissé de vote ainsi qu’un outil indépendant offrant à l’électeur la possibilité de vérifier que son vote a bien été pris en compte.
Ces tests successifs doivent conduire à l’homologation d’une solution de vote électronique sécurisée et fiable, condition essentielle pour renforcer la confiance des Français de l’étranger lors du scrutin de mai 2026.


