En ce début d’année, j’aimerais n’écrire que des lignes lumineuses, tournées vers l’élan, la confiance, les projets. Mais lorsqu’il s’agit de la scolarité de nos enfants, la réalité s’impose : nous devons pouvoir nous réjouir… sans renoncer à regarder les faits en face.
Car derrière une ligne budgétaire, il y a une famille.
Derrière une décision administrative, il y a un parcours.
Et derrière chaque hausse annoncée, il y a une question simple, presque brutale : jusqu’où pourra-t-on encore suivre ?
Voici l’essentiel, en quatre temps : trois actions parlementaires, une bonne nouvelle, un point d’alerte, et un moment d’unité.
Trois interpellations au Gouvernement : la voix des familles au Parlement
Je peux compter, en tant qu’élue, sur l’appui de nos sénateurs ASFE Evelyne Garabedian, Jean-Luc Ruelle et Sophie Briante Guillemont, toujours très réceptifs lorsqu’il s’agit de porter au Gouvernement nos remontées de terrain, via des questions écrites et orales qui donnent à nos dossiers une visibilité et un suivi concrets, et mettent des mots sur ce que beaucoup vivent sur le terrain :
la hausse continue des frais, la fragilité du modèle économique de l’AEFE, et des conditions d’examen qui peuvent créer une différence de traitement entre élèves du réseau AEFE et élèves scolarisés en France.
- Hausse continue des frais de scolarité : l’impasse d’un modèle à bout de souffle (question orale)
Notre sénatrice a posé une question orale qui met en lumière l’impasse actuelle :
des hausses demandées aux familles, sans réforme structurelle crédible et lisible du financement de l’AEFE.
Son intervention dit l’essentiel avec sobriété : on ne peut pas, durablement, “équilibrer” le réseau en transférant toujours davantage la charge vers les parents, sans cap clair, sans transparence, sans mécanisme protecteur pour la mixité sociale et l’accès à l’enseignement français.
- Situation financière : demander plus… sans faire respecter les règles par tous ? (question écrite)
Deux réalités se superposent – et leur contradiction devient difficile à justifier.
D’un côté, l’AEFE, l’Agence pour l’enseignement du français à l’étranger, explique la création d’une nouvelle contribution fondée sur les pensions civiles pour les Établissements à gestion directe (EGD) et les établissements conventionnés.
De l’autre, l’Agence ne procède pas au recouvrement effectif de créances existantes, évaluées autour de 40 M€, auprès d’établissements qui ne règlent pas leurs contributions (redevances d’homologation, partenariats, etc.).
C’est la contradiction que notre sénateur pose officiellement : on ne peut pas exiger toujours plus des familles, des enseignants et des établissements “vertueux” sans exiger, dans le même mouvement, le respect des règles par tous.
- Bac de première : à diplôme égal, égalité de conditions
Contactée par un parent d’élève, j’ai porté à l’attention de notre sénateur une question sur les épreuves de première (dont le bac de français) et leurs conditions d’organisation dans le réseau AEFE.
Et le sujet a été inscrit à l’ordre du jour du Conseil d’administration de l’AEFE du 27 novembre par la sénatrice Hélène Conway-Mouret, que j’ai personnellement interpellée pour renforcer l’impact de cette démarche.
Ici, l’enjeu n’est pas technique : une différence d’organisation peut devenir une différence de chances.
La bonne nouvelle : une victoire sur les bourses scolaires
Au cœur d’un débat budgétaire, une bonne nouvelle est venue éclairer la séance :
l’amendement sur les bourses scolaires a été adopté.
+ 4,9 M€ supplémentaires pour les bourses scolaires AEFE, afin de rétablir les crédits au niveau voté en 2025. L’argument avancé pour la baisse initiale était simple : « les demandes diminuent ».
Mais nous savons tous ce que cela peut aussi signifier : des familles qui renoncent, qui n’osent plus demander, ou qui basculent vers des solutions alternatives locales. Dans le même temps, ni le coût de la vie, ni les charges, ni les frais scolaires n’ont diminué.
Cette adoption envoie donc un signal important : lorsque les frais montent, la solidarité ne peut pas reculer. Et même si cela ne règle pas tout, cela rappelle une évidence que nous devons continuer à défendre : l’accès à l’enseignement français à l’étranger ne doit pas devenir un privilège.
Rome – Naples : conseils d’établissement bousculés, hausses 2026/2027 redoutées
Je voudrais n’être que positive. Mais je préfère être utile. Les échanges récents montrent un climat d’inquiétude : conseils d’établissement reportés, le dernier par manque de quorum, dialogue fragilisé, et surtout des perspectives de hausses qui donnent le vertige.
Les éléments anticipés aux associations de parents d’élèves évoquent une trajectoire lourde, avec une proposition tarifaire unique pour Rome et Naples :
+18 % en 2026/2027
+12 % en 2027/2028
+6 % en 2028/2029
soit +40 % sur trois ans (à effectifs constants).
Exemple concret : en primaire (hors cantine), on passerait de 6 576 € (2025/2026) à 7 760 € (2026/2027). Ce ne sont pas des chiffres. Ce sont des arbitrages familiaux, des renoncements, et parfois des départs, ainsi que des postes d’enseignants en péril.
Il est important de souligner que le dialogue parlementaire existe et qu’il avance :
la sénatrice Samantha Cazebonne a déjà répondu aux associations, et surtout, elle vient d’être nommée en janvier pour une mission de six mois visant à proposer une réforme de l’AEFE.
C’est un point clé : nous avons besoin d’une réforme structurelle, lisible, équitable – pas d’un modèle qui se “tient” en demandant chaque année davantage aux parents d’élèves.
Une minute de silence : se rassembler quand l’essentiel vacille
À la rentrée, une minute de silence a été observée en hommage aux victimes de Crans-Montana.
Une pensée particulière pour la communauté du lycée Chateaubriand : un des blessés graves est un élève de l’établissement.
Dans ces moments, tout se remet à sa place. Et l’on se rappelle pourquoi l’école compte : parce qu’elle protège, relie, et tient debout quand tout vacille.
Mon fil conducteur reste le même : informer, orienter, défendre l’équité — sans dramatiser, mais sans minimiser.



