La situation budgétaire de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE) suscite autant d’interrogations que d’inquiétudes, notamment au sein de la représentation nationale.
Dans une question écrite adressée au ministre de l’Europe et des affaires étrangères, la sénatrice ASFE Sophie Briante Guillemont met en lumière les conséquences concrètes des choix récents de l’agence sur les familles et les établissements du réseau.
Des décisions prises dans l’urgence
Lors de son conseil d’administration du 18 décembre 2025, l’AEFE a adopté une série de mesures présentées comme indispensables pour faire face à un déficit prévisionnel de 59 millions d’euros.
Ces décisions ont notamment conduit à une augmentation significative des frais de scolarité, ainsi qu’à un transfert de charges vers les établissements, en particulier concernant la prise en charge des pensions des personnels détachés (c’est-à-dire les retraites). Ces mesures, justifiées par l’urgence budgétaire, ont eu un impact important pour de nombreuses familles françaises à l’étranger.
Un excédent inattendu qui interroge
Quelques mois plus tard, la situation apparaît radicalement différente. L’exécution budgétaire de l’année 2025 révèle en effet un excédent de 3 millions d’euros. Ce retournement soulève des questions majeures sur la fiabilité des prévisions initiales.
Comment expliquer un tel écart entre les estimations et la réalité ? Cette divergence interroge non seulement la sincérité des hypothèses budgétaires, mais aussi la qualité de l’information transmise aux administrateurs et aux parlementaires. Elle remet également en cause les conditions dans lesquelles des décisions structurantes ont été prises dans un contexte d’urgence désormais contesté. C’est le sens de la question adressée par la Sénatrice.
Des conséquences directes pour les familles
Pour les familles, les effets de ces décisions sont bien réels. L’augmentation des frais de scolarité pèse lourdement sur leur budget, tandis que l’équilibre économique de certains établissements du réseau se trouve fragilisé.
Au-delà de l’impact financier, cette situation alimente un sentiment d’incompréhension et d’inquiétude. De nombreuses familles s’interrogent sur la gouvernance de l’AEFE et sur la transparence de ses décisions, d’autant plus que des divergences d’analyse subsistent concernant les données financières de l’agence.
Une demande de clarification et de transparence
Face à ces incertitudes, la Sénatrice ASFE appelle le Gouvernement à apporter des éclaircissements. Elle demande notamment :
- d’expliquer les raisons de l’écart entre le déficit annoncé et l’excédent constaté ;
- de détailler les méthodes de prévision budgétaire utilisées ;
- d’identifier d’éventuelles insuffisances dans l’élaboration des hypothèses ;
- et de préciser si les mesures adoptées en décembre 2025 seront maintenues, suspendues ou révisées.
Elle insiste également sur la nécessité de garantir une information financière transparente, accessible et sincère concernant l’AEFE.
Vers une réforme sous surveillance
Enfin, cette situation intervient dans un contexte plus large de réflexion sur l’avenir de l’agence. Depuis l’été dernier, le Quai d’Orsay pilote un groupe travail sur ce sujet. A quoi s’est ajoutée, en début d’année 2026, la mission parlementaire confiée par le Premier ministre à la sénatrice Samantha Cazebonne. En parallèle, au Sénat, vient de débuter une mission d’information initiée par la commission de la culture et de l’éducation. De plus, l’AEFE est d’ores et déjà à la recherche d’une ou d’un nouveau directeur.
Dans un réseau éducatif qui constitue un pilier du rayonnement français à l’étranger, la question de la gouvernance et de la transparence apparaît plus que jamais centrale. Les réponses apportées par le Gouvernement seront déterminantes pour restaurer la confiance des familles et assurer la pérennité du modèle.

