Créés en 2022, les instituts régionaux de formation (IRF) sont progressivement devenus un rouage essentiel de la formation continue dans le réseau de l’enseignement français à l’étranger. Au nombre de 16, ils organisent à l’échelle régionale la formation des personnels enseignants et non enseignants et disposent, pour cela, de moyens déconcentrés.Leur fonctionnement repose sur un principe : identifier les besoins au plus près du terrain tout en assurant une cohérence et une solidarité entre les différentes zones du réseau. Mais comment les priorités sont-elles réellement définies et les moyens répartis ?Jean-Luc Ruelle a interrogé le Gouvernement sur le fonctionnement de la commission IRF de l’AEFE, sur les critères d’attribution des financements complémentaires et sur la place respective des instances locales et des services centraux de l’Agence. Il souhaitait également savoir si les difficultés de représentation rencontrées lors de la création des IRF avaient été résolues.
Des besoins identifiés au niveau local
Dans sa réponse, le ministère précise que les besoins de formation sont d’abord recensés auprès des personnels des établissements. Ils sont ensuite étudiés par les cellules de formation continue avant d’être transmis aux IRF.Les plans régionaux de formation tiennent également compte des orientations du ministère de l’Éducation nationale, du ministère de l’Europe et des affaires étrangères et de l’AEFE, ainsi que des observations des inspecteurs et des formateurs présents sur le terrain.Ils sont ensuite examinés par le conseil pédagogique et scientifique (CPS) et le conseil des affaires administratives et financières (CAAF) de chaque IRF.
Une péréquation entre les zones
L’échelon central conserve toutefois un rôle important. Présidée par le directeur général de l’AEFE, la commission IRF se réunit trois fois par an pour examiner les budgets, les comptes financiers et les plans de formation des 16 instituts.Elle peut surtout accorder des financements supplémentaires aux IRF qui ne disposent pas localement de ressources suffisantes pour répondre aux besoins identifiés. Les arbitrages prennent notamment en compte le nombre et la diversité des personnels concernés, les contraintes géographiques et logistiques, les ressources déjà disponibles et un objectif d’équité entre les zones.L’AEFE précise ainsi que les plans de formation ne doivent pas être limités aux seules capacités financières de chaque région. Les services centraux jouent donc un rôle de péréquation, sans, selon le ministère, se substituer à la gouvernance locale.
Une participation aux élections qui reste très faible
La réponse ministérielle fait toutefois apparaître une difficulté persistante : la faible participation aux instances des IRF.Les élections au CPS et au CAAF, organisées tous les deux ans, se sont déroulées en 2026 sans incident ni contestation. Mais la mobilisation des électeurs demeure limitée malgré les actions d’information menées auprès des personnels et des parents d’élèves.Le constat est même particulièrement frappant : dans au moins douze scrutins, une candidature valable n’a recueilli aucune voix, pas même celles des membres du trinôme candidat. Et dans cinq zones sur quatorze, seule la moitié des sièges a finalement été pourvue.
Ces chiffres interrogent nécessairement sur l’appropriation de ces nouvelles instances par la communauté scolaire. Quatre ans après la création des IRF, leur montée en puissance opérationnelle semble donc bien engagée. Reste désormais à faire vivre pleinement leur gouvernance locale, condition indispensable pour que la formation continue réponde réellement aux besoins exprimés par les personnels et les établissements du réseau.

