Les chiffres confirment l’ampleur du phénomène : le nombre d’élèves boursiers est passé de 25 300 en 2015 à 18 578 en 2025, soit une diminution de 26,5 % en dix ans.
Une baisse qui ne s’explique pas par celle des effectifs français
Entre les années scolaires 2016-2017 et 2024-2025, le nombre d’élèves français est passé de 125 349 à 120 935, soit une baisse de 3,52 %.L’écart est donc considérable : alors que les effectifs français ont diminué d’un peu plus de 3 %, le nombre de boursiers a chuté de plus d’un quart en dix ans.
C’est précisément pour comprendre ce décrochage que le ministère avait demandé aux postes consulaires de conduire une analyse locale lors des conseils consulaires des bourses de la campagne 2025-2026.
Frais de scolarité, concurrence, mobilité : des causes multiples
- la concurrence accrue de l’enseignement local ou international : 39 % ;
- l’amélioration de la situation financière des familles : 39 % ;
- la mobilité géographique des familles : 36 % ;
- la hausse des frais de scolarité et du reste à charge pour les familles : 35 % ;
- les incertitudes concernant le calendrier, l’éligibilité ou encore la quotité de bourse : 29 % ;
- les évolutions sociodémographiques des communautés françaises : 23 % ;
- le contexte politique local : 16 % ;
- le renforcement de la lutte contre la fraude : 12 % ;
- la baisse des effectifs des établissements : 9 %.
Le coût de la scolarité ne peut être ignoré
Le paradoxe est réel : certaines familles peuvent ne plus entrer dans les critères permettant de bénéficier d’une aide suffisante, tout en n’ayant pas les moyens d’assumer le reste à charge. D’autres se tournent alors vers l’enseignement local ou international.À terme, la question des bourses scolaires ne peut donc être dissociée de celle, plus générale, du financement du réseau et de l’évolution des frais de scolarité.
Des évolutions annoncées pour simplifier le dispositif
Le Gouvernement annonce plusieurs pistes de réforme.La première concerne le calendrier des campagnes de bourses. Une modification est à l’étude afin que les familles puissent connaître plus tôt le montant de l’aide qui leur sera accordée. Cette évolution répondrait directement à l’incertitude identifiée par près de 30 % des circonscriptions.
Une procédure simplifiée de renouvellement pourrait également être expérimentée. Une bourse pourrait ainsi être renouvelée de manière simplifiée pendant la durée d’un cycle d’enseignement, de la maternelle au lycée, sans imposer chaque année aux familles les mêmes démarches.
Enfin, les nouveaux indices de parité de pouvoir d’achat (IPPA) entreront en application à partir de la campagne 2027 pour les pays du rythme sud. Ils reposeront sur un panier de biens et services présenté comme davantage représentatif des habitudes de consommation des Français établis à l’étranger. Leur évolution sera désormais plafonnée à plus ou moins 10 points d’une année sur l’autre, afin d’éviter les variations trop brutales.
Simplifier, mais aussi enrayer le décrochage
Lorsque le nombre de boursiers diminue de 26,5 % en dix ans alors que les effectifs français ne reculent que de 3,52 %, il existe un décrochage qui doit nous interroger collectivement.
L’étude commandée par le ministère permet désormais d’en objectiver certaines causes. Elle confirme notamment ce que de nombreuses familles constatent déjà : la hausse des frais de scolarité et du reste à charge fragilise l’accès des enfants français à l’enseignement français à l’étranger.La prochaine étape doit donc être celle des réponses : simplifier l’accès aux bourses, mieux accompagner les familles, mais aussi agir sur le financement du réseau afin que l’augmentation des frais de scolarité ne conduise pas progressivement certaines familles françaises à en sortir.

