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Assurance-vie et expatriation : ce qui se passe vraiment au décès

Vivre à l’étranger implique souvent de repenser sa situation fiscale, juridique et patrimoniale. Pourtant, de nombreux expatriés conservent des contrats d’assurance-vie souscrits en France sans en mesurer pleinement les conséquences au moment de la transmission.

Pour les expatriés, une question revient fréquemment : que se passe-t-il en cas de décès ?
La réponse n’est jamais automatique et dépend de nombreux paramètres qui dépassent largement le seul contrat d’assurance-vie.

Cet article a pour objectif de clarifier les règles applicables et d’alerter sur les points de vigilance essentiels afin de sécuriser la transmission de votre patrimoine.

1. Assurance-vie et décès : les règles « classiques » (quand on est résident français)

En France, l’assurance-vie bénéficie d’un régime successoral spécifique, distinct de la succession classique :

Pour les primes versées après 70 ans :

👉 Jusque-là, tout va bien.
👉 Mais ces règles ne s’appliquent pas automatiquement lorsque l’on est expatrié.

2. Quand on est expatrié, la question n’est plus « combien », mais « où »

En matière d’assurance-vie au décès, la France ne regarde pas uniquement le contrat, mais surtout :

Autrement dit :
👉 ce n’est pas parce que vous êtes expatrié que vous échappez à l’impôt,
👉 mais ce n’est pas parce que le contrat est français que la France taxera forcément.

3. Le cas clé (souvent mal compris) :

souscripteur ET bénéficiaire non-résidents fiscaux français

C’est une situation très fréquente chez les expatriés… et pourtant mal anticipée.

🔍 Principe général

Lorsque ni le souscripteur ni le bénéficiaire ne sont résidents fiscaux français au moment du décès :

➡️ la France n’a pas automatiquement le droit d’imposer les capitaux décès.

Mais tout dépend d’un critère déterminant 👇

⚖️ Le critère central : le pays de l’assureur

🔹 Contrat souscrit auprès d’un assureur français

Même si :

👉 la France peut revendiquer un droit d’imposition, au motif que le contrat est juridiquement situé en France.

Dans ce cas, la fiscalité française (article 990 I du CGI) peut s’appliquer :

⚠️ Sauf si une convention fiscale internationale vient limiter ou neutraliser ce droit.

🔹 Contrat souscrit auprès d’un assureur luxembourgeois

Dans ce cas :

👉 C’est précisément pour cette raison que l’assurance-vie luxembourgeoise est très utilisée par les expatriés.

4. Et les conventions fiscales dans tout ça ?

Les conventions fiscales internationales jouent un rôle clé… mais elles ne sont pas toutes équivalentes.

👉 En l’absence de convention claire, un risque de double imposition existe, même s’il reste parfois théorique.

5. Exemples concrets (pour mieux comprendre)

Expatriation aux Émirats arabes unis

Expatriation en Suisse

6. Le piège n°1 : la clause bénéficiaire

Chez les expatriés, la clause bénéficiaire est souvent :

👉 Une clause mal rédigée peut entraîner :

7. Les erreurs les plus fréquentes des expatriés

8. Conclusion : l’assurance-vie reste un excellent outil… à condition d’être adaptée

L’assurance-vie demeure l’un des meilleurs outils de transmission, y compris à l’international.
Mais pour les expatriés, elle doit être pensée comme un outil évolutif, intégré dans une stratégie patrimoniale globale.

👉 Le bon contrat,
👉 la bonne localisation,
👉 la bonne clause bénéficiaire,
👉 au bon moment.

C’est cette cohérence qui permet de sécuriser la transmission et d’éviter les mauvaises surprises.

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Wassila BEN BERKANE– Ingénieure Patrimoniale Associée

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