Une efficacité encore très limitée du recouvrement international
Cette coopération repose sur deux mécanismes principaux : l’échange de renseignements entre administrations fiscales et l’assistance au recouvrement, qui permet à un État de solliciter les autorités d’un autre pays pour récupérer des sommes dues par un contribuable installé à l’étranger.
Dans sa réponse publiée le 29 octobre 2026, le ministère de l’Action et des Comptes publics reconnaît que les résultats demeurent particulièrement modestes : le taux de recouvrement des créances fiscales par l’assistance internationale est estimé à moins de 5 %, aussi bien au sein de l’Union européenne qu’à l’échelle mondiale. Ce taux est également inférieur à 5 % pour les créances fiscales des non-résidents.
Le Gouvernement nuance toutefois ce constat en soulignant les difficultés de mesure de ces résultats, les sommes réclamées n’étant généralement recouvrées qu’un à deux ans après leur prise en charge.
Malgré cette faible efficacité, le recours à l’assistance internationale progresse : au 31 juillet 2026, le nombre de demandes de recouvrement avait déjà dépassé celui enregistré sur l’ensemble de l’année 2025.
Des échanges d’informations en forte augmentation
Au cours de cette année, la direction a reçu 213 demandes d’informations, traitées dans un délai moyen de 52 jours. Elle a parallèlement adressé 105 demandes à des administrations étrangères, soit quatre fois plus qu’en 2024.
Des difficultés de coopération en Afrique, en Asie et en Amérique du Sud
L’efficacité des procédures dépend en effet largement des législations nationales, des moyens dont disposent les administrations étrangères et des dispositions prévues dans les conventions fiscales. Certains accords comportent des réserves ou limitent l’assistance à certaines catégories d’impôts.
Le ministère précise que la France propose désormais systématiquement, lors des négociations ou renégociations de conventions fiscales, l’introduction de clauses relatives à l’échange de renseignements et à l’assistance au recouvrement, conformément aux standards de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).
Il rappelle également que plus de 150 États ont signé la convention multilatérale concernant l’assistance administrative mutuelle en matière fiscale, élaborée par l’OCDE et le Conseil de l’Europe.
Une dématérialisation encore expérimentale
Cette procédure vise à moderniser les échanges avec les autorités étrangères et à faciliter la transmission des documents nécessaires au recouvrement des créances.
Le Gouvernement indique que l’expérimentation se poursuit et que ses résultats seront analysés début 2027. Une éventuelle généralisation du dispositif ne sera envisagée qu’à l’issue de cette évaluation.
Une coopération à renforcer
La réponse ministérielle met en évidence un décalage important entre le développement des instruments juridiques de coopération internationale et leur efficacité concrète.
Pour la sénatrice Évelyne Renaud-Garabedian, les interrogations soulevées portent ainsi sur un enjeu essentiel : la capacité de l’administration fiscale française à faire appliquer ses décisions au-delà des frontières nationales, tout en garantissant la sécurité juridique des contribuables.
Avec un taux de recouvrement inférieur à 5 %, l’amélioration de l’assistance fiscale internationale reste un chantier majeur pour les pouvoirs publics.

