Le budget consacré aux subventions du dispositif Français langue maternelle (FLAM) poursuit sa baisse en 2026. Dans une réponse à une question écrite de la sénatrice Sophie Briante Guillemont, le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères confirme que 460 627 euros ont été consacrés cette année aux subventions FLAM, contre 523 000 euros en 2025 et un budget global du dispositif qui atteignait encore 767 000 euros en 2024.En deux ans, les moyens consacrés au FLAM ont ainsi connu une diminution particulièrement importante, alors même que ces associations jouent un rôle essentiel dans la transmission du français aux enfants établis hors de France qui ne sont pas scolarisés dans le réseau de l’enseignement français à l’étranger.
Une baisse déjà importante en 2025
Dans sa question écrite publiée en janvier dernier, Sophie Briante Guillemont avait alerté le Gouvernement sur les conséquences de la forte diminution des crédits intervenue en 2025. Le budget global du dispositif avait alors été ramené de 767 000 euros en 2024 à 594 000 euros en 2025, dont 523 000 euros consacrés aux subventions directes. Les demandes éligibles atteignaient pourtant 666 567 euros, pour 780 017 euros de demandes initialement déposées.
Face à cette contrainte, l’AEFE avait choisi de préserver les aides au démarrage des nouvelles associations et de faire porter une part plus importante de l’effort sur les fédérations. Les subventions de projet avaient notamment été réduites de 10 %, celles destinées aux associations organisant des rencontres régionales de 25 %. La fédération FLAM Monde avait ainsi vu sa subvention passer de 99 000 euros en 2024-2025 à environ 54 500 euros en 2025-2026.
Nouvelle diminution en 2026
La réponse du ministère confirme que cette baisse n’était pas ponctuelle. En 2026, l’enveloppe consacrée aux subventions FLAM s’établit à 460 627 euros. Le Gouvernement souligne que toutes les associations ayant présenté une demande conforme aux règles du dispositif ont néanmoins bénéficié d’une réponse positive. Mais les montants accordés ne couvrent désormais que 71 % des besoins financiers exprimés.Le ministère justifie cette évolution par « le contexte budgétaire particulièrement contraint de l’État français » et rappelle que le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères et l’AEFE participent à l’effort de redressement des comptes publics.Pour les associations, dont le fonctionnement repose très largement sur le bénévolat, cette contraction continue des moyens pose néanmoins la question de la capacité à développer leurs activités et à répondre à une demande croissante des familles.
Un dispositif essentiel pour les enfants français à l’étranger
Le FLAM permet à des enfants français ou binationaux vivant à l’étranger, et scolarisés dans les systèmes éducatifs locaux, de conserver et développer leur maîtrise du français grâce à des activités organisées en dehors du temps scolaire.Le dispositif constitue ainsi un complément essentiel au réseau d’enseignement français à l’étranger : il permet de toucher des familles qui, pour des raisons géographiques, financières ou personnelles, ne scolarisent pas leurs enfants dans un établissement homologué.Au-delà de l’apprentissage linguistique, les associations FLAM participent également au maintien du lien avec la France et à la transmission d’une culture française auprès d’enfants qui sont souvent nés et grandissent à l’étranger.
Le Gouvernement mise aussi sur d’autres financements
Le ministère assure vouloir poursuivre l’accompagnement des associations et des trois fédérations représentatives du réseau. Les postes diplomatiques, services consulaires et services de coopération et d’action culturelle doivent notamment être davantage sensibilisés à la nécessité d’accompagner les structures FLAM localement.
Le Gouvernement encourage également les fédérations à rechercher des financements européens, notamment dans le cadre du programme Erasmus+, pour la formation et la mobilité des animateurs, les projets destinés aux jeunes ou encore le renforcement des capacités associatives.Cette diversification des financements ne répond toutefois pas entièrement à la question posée sur la pérennisation des moyens publics consacrés au FLAM. Ni le retour à une enveloppe correspondant aux besoins exprimés par les associations, ni la mise en place d’un financement pérenne spécifique pour les fédérations ne sont annoncés.
Alors que le réseau FLAM s’est considérablement structuré ces dernières années, l’enjeu reste donc celui de la stabilité de son financement. La transmission du français aux nouvelles générations de Français établis hors de France constitue une politique de long terme : elle suppose que les associations qui la font vivre puissent, elles aussi, disposer d’une visibilité suffisante pour inscrire leur action dans la durée.

