Le supplément familial versé aux agents de l’État en poste à l’étranger pourrait prochainement faire l’objet d’une réforme attendue de longue date. Interrogé par la sénatrice des Français établis hors de France, Sophie Briante Guillemont, le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères a en effet confirmé que des réflexions étaient en cours afin de revoir les modalités de calcul de cet émolument, avec pour objectif affiché de réduire les inégalités entre agents.
Un complément destiné aux familles expatriées
Le supplément familial est versé aux agents de l’État affectés à l’étranger lorsque leur conjoint ou partenaire de PACS n’exerce pas d’activité professionnelle ou perçoit des revenus inférieurs à un plafond réglementaire.
Il peut également bénéficier à certains agents élevant seuls un enfant à charge.
Ce dispositif vise à compenser les conséquences financières que peut entraîner une expatriation familiale. Dans de nombreux pays, le conjoint accompagnateur rencontre en effet des difficultés importantes pour accéder à l’emploi local, qu’il s’agisse de barrières linguistiques, de restrictions administratives ou simplement des contraintes liées à la mobilité internationale.
Une règle de calcul source d’inégalités
Aujourd’hui, le supplément familial est fixé à 10 % de l’indemnité de résidence à l’étranger (IRE).
Or cette indemnité varie selon plusieurs critères, notamment la catégorie de l’agent, son grade et son échelon. Conséquence : dans un même pays et parfois dans une même ville, deux familles confrontées aux mêmes conditions de vie et aux mêmes difficultés d’emploi pour le conjoint peuvent percevoir des montants très différents.
Ainsi, le conjoint d’un agent de catégorie A bénéficiera généralement d’un supplément familial plus élevé que celui d’un agent de catégorie B ou C, alors même que la perte d’opportunité professionnelle ou les contraintes liées à l’expatriation sont identiques.
C’est cette situation que la sénatrice Sophie Briante Guillemont a dénoncée dans une question écrite publiée au Journal officiel le 29 janvier 2026.
Une réforme désormais à l’étude
Dans sa réponse publiée le 4 juin 2026, le ministère reconnaît implicitement les limites du système actuel.
Il indique que des travaux sont en cours afin de modifier les modalités de calcul du supplément familial et précise qu’une piste est aujourd’hui privilégiée. Cette option consisterait à calculer le supplément familial sur la base d’un même groupe d’indemnité de résidence à l’étranger pour l’ensemble des agents affectés dans un pays donné.
Autrement dit, le montant versé deviendrait identique pour tous les agents d’un même poste, indépendamment de leur catégorie administrative. Une telle évolution permettrait de rapprocher davantage le supplément familial de sa finalité première : compenser une situation familiale et non prolonger les écarts de rémunération existant entre les différentes catégories d’agents.
Des discussions interministérielles en cours
Le ministère souligne toutefois que cette réforme ne peut être menée unilatéralement. Des discussions interministérielles sont actuellement engagées avec l’ensemble des ministères qui affectent des agents à l’étranger afin de parvenir à une solution commune et consensuelle.
La question concerne en effet un grand nombre d’agents expatriés appartenant à différentes administrations de l’État.
Un enjeu important pour l’attractivité de l’expatriation
Au-delà de la seule question de l’équité, cette réforme touche à l’attractivité des carrières internationales.
De nombreux agents hésitent aujourd’hui à accepter une affectation à l’étranger en raison des conséquences professionnelles que celle-ci peut avoir pour leur conjoint ou leur partenaire.Dans un contexte où la mobilité internationale constitue un enjeu majeur pour l’action extérieure de la France, une meilleure prise en compte de ces situations familiales apparaît comme un levier important pour accompagner les projets d’expatriation.
La réponse du Gouvernement constitue donc un signal encourageant pour de nombreuses familles. Reste désormais à connaître le calendrier de cette réforme et les modalités concrètes qui seront finalement retenues.

