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Français de l’étranger : quelles démarches en cas de fermeture de compte bancaire ?

Comprendre la procédure du droit au compte

Pour de nombreux Français établis hors de France, conserver un compte bancaire en France est devenu un véritable parcours du combattant. Fermetures unilatérales de comptes, refus d’ouverture sans explication, exigences administratives parfois disproportionnées : les témoignages se multiplient.

Or, disposer d’un compte bancaire français est souvent indispensable pour percevoir une retraite, payer certaines charges en France, effectuer des démarches administratives ou encore conserver un accès normal aux services du quotidien.

Face à ces difficultés, il existe une procédure méconnue mais essentielle : le droit au compte. Cette démarche permet à la Banque de France de désigner un établissement bancaire qui sera tenu d’ouvrir un compte de dépôt au demandeur et de lui fournir les services bancaires de base prévus par la loi.

Depuis la réforme entrée en vigueur en 2022, un élément important doit toutefois être connu des Français de l’étranger : le silence d’une banque pendant plus de quinze jours vaut désormais refus d’ouverture de compte. Cette évolution facilite la constitution d’un dossier auprès de la Banque de France.

Le droit au compte : de quoi s’agit-il ?

Le droit au compte est prévu par l’article L.312-1 du Code monétaire et financier. Il permet à toute personne dépourvue de compte de dépôt d’obtenir la désignation d’un établissement bancaire par la Banque de France.

Concrètement, lorsqu’une banque refuse d’ouvrir un compte – explicitement ou implicitement – la Banque de France peut contraindre un établissement à fournir un service bancaire minimal.

Cette procédure est ouverte aux Français résidant à l’étranger.

Étape 1 : demander l’ouverture d’un compte bancaire

Avant toute chose, il faut solliciter l’ouverture d’un compte auprès d’une banque française.

Deux situations peuvent alors se présenter :

Depuis la réforme de 2022, cette absence de réponse vaut refus. Il n’est donc plus nécessaire d’obtenir systématiquement une lettre formelle de rejet.

En pratique, il est nécessaire de conserver une preuve de la demande effectuée.

La démarche peut désormais être effectué via un recommandé électronique, ce qui constitue une avancée particulièrement utile pour les Français résidant à l’étranger. Ce mode d’envoi permet de conserver une preuve juridiquement opposable de la demande d’ouverture de compte et de sa date de réception par l’établissement bancaire, preuve qu’il faudra verser à l’étape suivante.

Étape 2 : constituer un dossier pour la Banque de France

Le dossier doit comprendre plusieurs pièces justificatives. Le formulaire officiel de demande d’intervention de la Banque de France prévoit notamment :

Le formulaire officiel de la Banque de France prévoit également la possibilité d’indiquer :

Étape 3 : transmettre la demande

La demande peut être adressée à la Banque de France :

Le formulaire officiel de demande d’exercice du droit au compte est accessible ici :
Banque de France – Droit au compte

Le formulaire utilisé pour saisir la Banque de France rappelle les modalités de transmission du dossier ainsi que les pièces justificatives attendues.

Étape 4 : désignation d’une banque par la Banque de France

Une fois le dossier jugé complet, la Banque de France désigne un établissement bancaire chargé d’ouvrir le compte.

La banque désignée est alors tenue de fournir les services bancaires de base prévus par la loi, parmi lesquels :

Il ne s’agit toutefois pas d’un droit à tous les produits bancaires : découvert autorisé, chéquier ou crédit peuvent être refusés. Les virements ou retraits d’espèce hors zone SEPA ne sont pas non plus prévus par le droit au compte.

Une procédure utile, mais encore peu utilisée

En 2025, seules 107 demandes de droit au compte formulées par des Français de l’étranger ont été enregistrées par la Banque de France, pour seulement 56 désignations effectives d’un établissement bancaire.

Ceci suscite de nombreuses interrogations : droit inadapté, mauvaise connaissance de cette possibilité, ou les deux ?

Nous sommes preneurs de vos retours d’expérience dans l’exercice concret du droit au compte, notamment lorsque cette procédure n’aboutit pas concrètement à l’ouverture effective d’un compte bancaire ou à un accès normal aux services bancaires de base.

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