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Les ambitions d’Olivier Becht, ministre délégué des Français de l’étranger

Dans un podcast diffusé le dimanche 11 septembre, Olivier Becht le ministre délégué chargé du Commerce extérieur, de l’Attractivité et des Français de l’étranger, nommé en juin 2022, a précisé les orientations des futures politiques concernant les Français de l’étranger. Le Ministre a développé ainsi cinq sujets majeurs: l’accès aux services publics administratifs, le financement des associations, l’enseignement, le soutien aux entrepreneurs expatriés et enfin le rôle des Conseillers des Français de l’étranger.

Une petite révolution de l’accès aux services publics à l’étranger

Alors que les Français de l’étranger rencontrent de sérieuses difficultés d’accès aux services publics administratifs à l’étranger – d’autant plus importantes depuis la pandémie – le Ministre a indiqué que la résolution de ces problèmes est une priorité pour son ministère. Ces difficultés procèdent selon lui d’une logique de réduction des coûts de fonctionnement qui se traduit en premier lieu par une baisse du nombre de diplomates et d’agents consulaires. En réponse, le Ministre rappelle que leur nombre se verra augmenté d’une centaine de postes en 2023 pour la première fois depuis des années.

Dans la même logique, Olivier Becht a confirmé la volonté du Gouvernement d’accélérer le déploiement de France Consulaire, un service de réponse par mail et par téléphone à toutes les demandes générales d’information, de clarification ou encore d’aide pour mener à bien une démarche, lorsqu’elles concernent les services aux Français de l’étranger. Ce service est actuellement en test dans 13 pays et s’avère être un succès : le taux de réponse au téléphone est de 90% et le délai de réponse à un e-mail est d’environ une heure. Le Ministre a expliqué vouloir étendre le service à tous les pays de l’Union européenne dans un premier temps puis au reste du monde dans un second.

En complément du déploiement de ce service, le Ministre entend faciliter les démarches des Français de l’étranger notamment en étendant l’envoi de documents officiels comme les passeports et carte d’identité par voie postale à d’autres pays. Dans la même logique, l’envoi dématérialisé des actes sera élargi à tous les actes ne nécessitant pas une présence impérative du demandeur à l’ambassade ou au consulat.

Le ministre a défendu le droit des Français de l’étranger de bénéficier de la même qualité de service public que n’importe quel Français sur les territoires.


Vers une modification du mode de financement des associations françaises à l’étranger

Le Ministre est revenu sur les difficultés rencontrées par le dispositif STAFE (Soutien au Tissu Associatif des Français de l’Etranger) dont le fonctionnement s’est révélé être trop complexe pour être efficace. En effet, ce système favorise l’attribution des fonds à des établissement parapublics au détriment des associations qui n’ont pas de lien direct avec un organisme public.

Pour faire face à cette disparité, un groupe de réflexion sera formé à l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE) ayant pour objectif de proposer un processus plus simple de répartition des fonds du STAFE. Des représentants des associations y seront associés. Par ailleurs, le budget dévolu au STAFE (2 millions d’euros) restera identique aux années précédentes au moins pour les deux prochaines années, une réforme n’étant pas possible avant 2024.

Éducation : quelle ambition pour les établissements français à l’étranger?

Olivier Becht a insisté sur la réussite de cette rentrée. Seuls quelques établissements, notamment en Ukraine, sont fermés en raison du contexte sécuritaire. Interrogé sur les frais d’inscription dans les établissements français à l’étranger souvent très élevés et par endroit prohibitifs, le Ministre a reconnu de grande disparités et a annoncé une modification dans le mode de calcul d’attribution des bourses ayant pour objectif de rendre ces bourses accessibles à un plus grand nombre. Pour ce faire, les familles monoparentales se verront attribuer une demi-part de plus. Les foyers disposeront d’un abattement de 20 % sur la résidence principale et d’un abattement de 10 % sur les actifs d’un plan retraite dans le calcul d’attribution des bourses. Le « phénomène inflationniste » sera également pris en compte et le Ministre a indiqué qu’il  » ne doit pas être une raison de ne pas inscrire son enfant dans une école française. »

Ces évolutions dans le calcul des bourses viennent servir l’objectif du président de la République : doubler d’ici à 2030 le nombre d’élèves accueillis dans les lycées français à l’étranger.

Pour y parvenir le ministre entend s’appuyer sur deux leviers. Le Gouvernement souhaite accueillir davantage d’élèves ne possédant pas la nationalité française en renforçant le caractère élitiste de ces établissements: condition essentielle pour attirer ces profils. En parallèle, le Gouvernement veut faire croître le réseau de lycées Français à l’étranger en favorisant l’homologation de nouveaux établissements.

« Made by France » un nouveau levier de valorisation pour les entrepreneurs français de l’étranger


Le Ministre a fait part de sa volonté de valoriser les compétences acquises en France et exploitées à l’étranger. Olivier Becht veut rendre possible l’identification de l’origine d’un produit ou d’un service au moyen de la dénomination « Made by France ». Les modalités de ce dispositif (labelisation, critères, etc…) restent encore floues. Une réflexion avec les entreprises et les chambres de commerces aura lieu dans les semaines à venir. Ce système de valorisation sera réservé aux TPE/PME non liées par leur capital à une société française qui pourront le mobiliser à leur discrétion.

Vers une meilleure synergie entre Conseillers des Français de l’étranger et représentation diplomatique

Dans la continuité de la prise de parole de la Première ministre, Elisabeth Borne, lors de la conférence annuelle des Ambassadrices et Ambassadeurs à Paris début septembre , Olivier Becht enjoint les ambassades et les consulats a développé une collaboration plus franche avec les Conseillers des Français de l’étranger qui constitue pour le gouvernement un relai avec les Français établi plus direct que les postes consulaires. 

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