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Trappes : face à la haine, notre responsabilité collective

Après les violences du 17 octobre, un nouvel acte inimaginable vient révéler, une fois encore, la profondeur des fractures qui traversent notre société.
Le 23 octobre dernier, à Trappes et à La Verrière, une attaque à caractère raciste et terroriste a coûté la vie à Pengo Bossio Wangi, jeune champion d’arts martiaux de 26 ans, et fait plusieurs blessés, parmi lesquels une enfant de 12 ans. Des vies brutalement fauchées ou bouleversées, des familles endeuillées, et une République une nouvelle fois frappée dans ce qu’elle a de plus fondamental : la promesse d’égalité et de fraternité entre tous ses citoyens.

Face au racisme, une condamnation sans distinction ni ambiguïté

Ces actes ne surgissent pas dans le vide. Ils interviennent dans un climat où les discours de haine se banalisent, où les préjugés s’expriment avec une liberté croissante, où les différences d’origine, de conviction ou de religion deviennent trop souvent des motifs de suspicion, voire d’hostilité.

Comme l’a rappelé le président du Sénat, Gérard Larcher, lors de l’hommage rendu aux victimes ce mercredi, « la lutte contre toute forme de racisme est indivisible ». Elle ne saurait dépendre de l’identité des victimes, de leurs origines ou de leurs croyances. Elle ne peut souffrir ni hiérarchie, ni indignation sélective.

Mais au-delà de la condamnation, aussi ferme et unanime soit-elle, ces événements nous obligent à nous interroger sur notre responsabilité collective. Celle des responsables politiques, d’abord, dont les mots peuvent apaiser ou attiser les tensions. Celle des médias, ensuite, qui contribuent à façonner le débat public. Celle de chacun d’entre nous, enfin, dans notre capacité à refuser l’indifférence, les amalgames et la banalisation de la haine.

Retrouver le sens du collectif et les valeurs de la République

Les Français établis hors de France, qui vivent au quotidien au contact d’autres cultures, d’autres langues et d’autres traditions, savent combien la diversité peut être une richesse et combien le respect de l’autre est indispensable à la vie en société. Cette expérience doit aussi nourrir notre conception de la République : une communauté de citoyens unis par des valeurs communes, au-delà de leurs différences.

Car la République ne se résume pas à des principes inscrits dans nos textes. Elle est une exigence quotidienne, un idéal à défendre et à faire vivre. L’égalité, la fraternité et le respect de la dignité humaine ne sont jamais définitivement acquis.

Face à la violence et à la haine, nous devons refuser la fatalité comme la surenchère. Notre pays a besoin de retrouver ce qui le rassemble, plutôt que de céder à ceux qui prospèrent sur ses divisions.

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