Premier pays d’envoi de participants Erasmus+, la France entend également renforcer l’ouverture internationale du programme au-delà des frontières de l’Union européenne. À partir de 2028, de nouvelles possibilités d’association avec des pays tiers devraient faciliter cette coopération.Avec près de 150 000 mobilités financées en 2024, dont plus de 57 000 dans l’enseignement supérieur, la France occupe une place majeure au sein du programme Erasmus+. Mais si celui-ci est d’abord associé à la mobilité entre pays européens, il constitue également un instrument de coopération avec des établissements situés dans le reste du monde.
Interrogé par la sénatrice Évelyne Renaud-Garabedian sur la stratégie française en la matière, le ministère de l’Enseignement supérieur confirme sa volonté de maintenir un niveau « ambitieux » d’ouverture internationale, à condition que celle-ci repose sur un principe de réciprocité entre l’Union européenne et les États tiers.
Erasmus+ davantage ouvert aux pays tiers à partir de 2028
La principale évolution concerne la prochaine programmation Erasmus+ 2028-2034. Le nouveau cadre prévoit des possibilités plus souples d’association et de coopération avec les pays tiers, avec la possibilité d’une association totale ou partielle au programme.Cette ouverture pourra notamment concerner les pays membres de l’Association européenne de libre-échange et de l’Espace économique européen, les micro-États européens, les pays candidats ou susceptibles d’adhérer à l’Union européenne, les États relevant de la politique européenne de voisinage, mais également d’autres pays tiers.Le dispositif devrait ainsi permettre de diversifier les partenariats et de faciliter l’intégration d’établissements situés hors de l’Union dans certaines actions Erasmus+.
La France très présente dans Erasmus Mundus
Cette dimension internationale existe déjà notamment à travers Erasmus Mundus. Le programme permet de créer des masters communs portés par plusieurs établissements européens et ouverts à des partenaires du monde entier.La France y occupe une place importante : entre 2004 et 2024, 376 coordinateurs et partenaires français ont participé au pilotage de masters Erasmus Mundus.Ces formations ont vocation à favoriser la mobilité des étudiants, mais aussi à développer les coopérations entre établissements et les liens entre enseignement supérieur, recherche et innovation.
Cette dynamique doit également être renforcée par le futur diplôme européen conjoint. Un premier label a été créé afin de préfigurer ce diplôme et de faciliter à terme la constitution de cursus communs entre établissements de plusieurs pays.65 établissements français engagés dans les alliances européennes
Autre instrument majeur : les alliances d’universités européennes. La France est particulièrement présente dans ce dispositif puisque 65 établissements français participent à 57 des 65 alliances existantes.Ces alliances permettent aux universités et grandes écoles de développer ensemble des formations, des projets de recherche et des mobilités, tout en renforçant leur attractivité auprès des étudiants et chercheurs européens comme internationaux.Pour accompagner les établissements français, une enveloppe de 100 millions d’euros sur dix ans a été prévue dans le cadre du programme d’investissements d’avenir, désormais intégré à France 2030. Ces financements peuvent notamment soutenir des projets de recherche, des mobilités scientifiques ou encore des bourses de doctorat et de post-doctorat.
Des coopérations qui dépassent Erasmus+
Le ministère rappelle enfin que l’ouverture internationale de l’enseignement supérieur français ne repose pas uniquement sur Erasmus+.Plusieurs dispositifs permettent de nouer des partenariats avec des établissements étrangers : campus franco-étrangers, programmes de mobilité croisée, programmes « France Ingénieurs Technologie » avec l’Amérique latine ou encore bourses individuelles telles que Fulbright.Des organismes comme l’Institut des Amériques, l’Agence universitaire de la Francophonie ou la Maison universitaire franco-mexicaine accompagnent également les établissements souhaitant développer leurs coopérations internationales.Le ministère entend enfin renforcer l’utilisation d’Erasmus+ dans les pays et territoires d’outre-mer et les régions ultrapériphériques, notamment à travers des partenariats avec les pays de leur environnement régional.
La prochaine programmation 2028-2034 devrait donc marquer une nouvelle étape : tout en restant un instrument central de la mobilité européenne, Erasmus+ pourrait devenir plus largement encore un outil de coopération universitaire entre l’Europe et le reste du monde.

