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La France sous la moyenne européenne : un décrochage discret mais révélateur

Un basculement confirmé en 2024

Le constat est passé relativement inaperçu dans le débat public, mais il marque une rupture importante : la France est désormais passée sous la moyenne de l’Union européenne en matière de PIB par habitant. Selon les données d’Eurostat, cet indicateur de niveau de vie se situe autour de 98 à 99 pour la France, contre une base 100 pour l’Union européenne.

Ce basculement, visible dans les chiffres de 2024, n’est pas un accident conjoncturel. Il s’inscrit dans une tendance plus longue, puisque la France se situe sous cette moyenne pour la troisième année consécutive. Autrement dit, le pays n’est plus seulement en phase de ralentissement relatif : il est désormais dépassé, en moyenne, par ses voisins européens.

Un recul progressif depuis plusieurs années

Pendant longtemps, la France faisait partie des économies situées au-dessus du niveau moyen européen. Dans les années 1980 et 1990, elle bénéficiait d’un niveau de richesse comparable à celui des grandes économies du continent.

Mais depuis une dizaine d’années, l’écart s’est progressivement creusé. À partir des années 2010, la croissance du PIB par habitant français s’est révélée moins dynamique que celle de nombreux partenaires européens, notamment en Europe du Nord et de l’Est. Ce mouvement a fini par inverser la position relative de la France au sein de l’Union.

Le poids du rattrapage européen… et des fragilités françaises

Ce décrochage s’explique en partie par un phénomène de rattrapage : plusieurs pays longtemps moins riches convergent vers les niveaux de vie occidentaux, réduisant mécaniquement l’avance française.Mais cette explication ne suffit pas. Dans le même temps, des économies comparables comme l’Allemagne ou les Pays-Bas ont creusé l’écart, ce qui met en évidence des fragilités propres à la trajectoire française.

Un indicateur à relativiser

Le PIB par habitant reste toutefois un indicateur imparfait. Il s’agit d’une moyenne qui ne reflète ni les inégalités, ni la qualité des services publics, ni le niveau réel de bien-être des populations.La France conserve d’ailleurs des atouts importants, notamment en matière d’infrastructures, de protection sociale et de diversification économique, qui ne sont pas directement mesurés par cet indicateur.

Un signal pour l’avenir

Reste que ce passage sous la moyenne européenne constitue un signal. Il ne traduit pas un effondrement, mais un déclassement progressif qui interroge la capacité du pays à retrouver une trajectoire de croissance plus dynamique.Dans un environnement européen de plus en plus compétitif, la question n’est plus seulement celle du niveau de richesse actuel, mais de la capacité de la France à renouer durablement avec la croissance.

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