Il y aura bientôt un an que la Russie de Vladimir Poutine a décidé de lancer l’assaut sur l’Ukraine, sa voisine slave, indépendante depuis 1991 et la fin de l’Union soviétique. La guerre « éclair » qu’avait projetée le maître du Kremlin n’a pas eu lieu. La résistance de Kiev a surpris tous les observateurs. Cette agression a d’ailleurs renforcé la fibre patriotique ukrainienne. Le président Volodymyr Zelensky, ancienne vedette comique de télévision, a su galvaniser son peuple.
En chef de guerre, il s’est révélé être un homme d’Etat de haute stature à la face du monde entier.Après la première offensive russe, que seuls les Etats-Unis avaient prise au sérieux, mais qui a échoué tellement l’armée de Poutine semblait mal préparée et mal dirigée, s’est installée l’idée qu’une guerre longue prenait place aux portes de l’Union européenne. Avec la crainte qu’elle se transforme en troisième guerre mondiale, entraînant dans son sillage un désordre mondial redoutable, lié à la présence de l’arme nucléaire.
Jusqu’à ces dernières semaines, l’optimisme était pourtant de mise dans les capitales occidentales, en raison de la bonne résistance de l’armée ukrainienne. La réalité du terrain oblige à reconnaître qu’aujourd’hui le rapport de forces paraît plutôt à l’avantage de Moscou. La mobilisation de 300 000 soldats supplémentaires qui arrivent, peu à peu, sur le champ de bataille modifie la donne. Et la reprise en main de l’armée russe par le chef d’état-major Valeri Guerassimov commence à se faire sentir. Une vaste offensive dans l’est et au sud du pays est attendue.
En face, l’Ukraine doit tenir. L’heure n’est pas de savoir si elle peut reprendre le Donbass ou la Crimée, mais si elle peut résister, avant de reprendre le dessus au printemps. Moment décisif qui a conduit les Occidentaux à rehausser leur aide militaire. Après l’envoi de blindés légers, celui de chars lourds a été décidé. Des pourparlers sont à présent engagés pour des avions de combat. Ce dernier point – d’une importance capitale – est loin d’être réglé. Le président Biden a opposé un refus net quand Emmanuel Macron a dit qu’il « n’excluait rien » ; formule qui laisse la porte ouverte à toutes les interprétations. Les réticences s’expliquent par la crainte de voir les Ukrainiens se servir de ces avions pour mener des frappes sur le territoire russe. Ce qui risquerait d’assimiler les donateurs occidentaux à des cobelligérants et d’autoriser des représailles russes contre eux.
Quoi qu’il en soit, cette aide n’arrivera pas en Ukraine immédiatement et ne sera opérationnelle que lorsque ses soldats seront formés à ces types de matériel, très sophistiqué. C’est dire si, d’ici là, le peuple ukrainien va continuer à vivre un calvaire…
L’équipe de l’ASFE

