La fièvre du Nil occidental
Depuis juin 2026, 145 cas ont été recensés et trois personnes sont mortes en Île-de-France après avoir été infectées par le virus du Nil occidental, révèle Santé publique France dans son bulletin épidémiologique publié le 30 septembre. Douze pays européens signalent des cas actifs, avec plus de 1 500 cas et environ 80 décès recensés à l’échelle européenne, selon l’ECDC. L’Italie (311 cas) et la Grèce (157 cas) sont les pays les plus touchés, suivis par l’Espagne, la Roumanie et la France.
Pourquoi cette accélération inédite en 2026 ?
Avec le réchauffement climatique, l’augmentation des voyages internationaux et l’installation durable du virus chez les oiseaux locaux, des maladies auparavant cantonnées aux pays chauds deviennent plus fréquentes en Europe. Cette évolution est d’autant plus préoccupante que le virus du Nil occidental est transmis par le moustique commun (Culex pipiens), omniprésent en France.
La transmission se fait par la piqûre d’un moustique infecté. 80 % des cas sont asymptomatiques. 20 % des cas provoquent un état grippal (fièvre, maux de tête, fatigue).
Moins de 1 % des cas évoluent vers une forme neurologique grave (méningite, encéphalite), qui peut conduire au décès. Pour se protéger contre le virus du Nil occidental, il est donc essentiel d’éviter les piqûres de moustiques, car il n’existe actuellement ni vaccin ni traitement spécifique en médecine humaine.
La protection repose sur deux approches complémentaires :
- La protection individuelle : port de vêtements couvrants, utilisation de répulsifs anti-moustiques, installation de moustiquaires et recours à des ventilateurs, qui gênent le vol des moustiques.
- La protection environnementale : élimination des gîtes larvaires autour du domicile afin d’éviter la reproduction des moustiques dans les eaux stagnantes. Il est notamment recommandé de vider régulièrement l’eau des soucoupes des pots de fleurs, d’entretenir les évacuations (gouttières) pour éviter l’accumulation d’eau et de protéger les réserves d’eau.
Le virus du Nil occidental n’est pas le seul virus émergent en Europe, mais il figure parmi les plus importants en nombre de cas. Parmi les autres virus à surveiller figurent l’hantavirus (virus de Puumala), les arboviroses (dengue, chikungunya), dont la transmission est favorisée par la colonisation de l’Europe par le moustique tigre (Aedes albopictus), ainsi que la grippe aviaire (H5N1).
Ces différents virus feront l’objet d’une prochaine rubrique.

