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La France face à de nouvelles fragilités

Il y a des moments où plusieurs fragilités, longtemps contenues, finissent par se rejoindre. La France pourrait être en train d’entrer dans l’un de ces moments.

Le 18 septembre dernier, le Président de la République réunissait les responsables des partis représentés au Parlement, en présence notamment des principaux responsables de nos services de renseignement et du directeur général de l’énergie. L’objet de cette réunion était particulièrement large : les conséquences de la situation internationale sur « la sécurité et le quotidien des Français ».

Car ce qui se joue actuellement en Ukraine et au Moyen-Orient n’est pas seulement une affaire de politique étrangère.

Le détroit d’Ormuz reste quasiment bloqué. Les prix du pétrole et du gaz sont sous tension. Le Gouvernement travaille à sécuriser nos approvisionnements en diesel, en carburant aérien et en gaz pour les mois qui viennent. La France dispose heureusement d’une situation électrique solide et devrait atteindre ses objectifs de stockage de gaz pour l’hiver. Il ne s’agit donc pas d’annoncer des pénuries, mais de regarder lucidement les risques qui pèsent désormais sur notre économie.

Car à cette crise énergétique potentielle s’ajoute une autre fragilité : celle de nos finances publiques.

Notre dette devrait approcher 120 % du PIB à la fin de l’année. Et c’est peut-être là que se situe la différence fondamentale avec les crises précédentes.

Lorsque le Covid a frappé, l’État a pu déployer le « quoi qu’il en coûte ». Lorsque la guerre en Ukraine a provoqué une flambée des prix de l’énergie, la France a mis en place des boucliers tarifaires massifs pour protéger les ménages et les entreprises.

Aujourd’hui, nos marges de manœuvre ne sont plus les mêmes. Le Président de la République l’a lui-même reconnu : face aux appels à bloquer les prix ou à multiplier les aides, la France doit désormais tenir compte de ses « contraintes de finances publiques ».

C’est probablement le véritable sujet des mois qui viennent.

Que se passera-t-il si la hausse des prix de l’énergie se prolonge ? Si elle se diffuse aux transports, à l’alimentation et à l’industrie ? Si certaines chaînes d’approvisionnement se tendent davantage ? Et comment protéger les ménages et les entreprises si l’État dispose de beaucoup moins de latitude budgétaire qu’en 2020 ou en 2022 ?

Pour les Français établis hors de France, ces interrogations sont particulièrement concrètes. Parce qu’ils vivent partout dans le monde, ils sont souvent aux premières loges des conséquences des crises géopolitiques : hausse brutale des prix, difficultés d’approvisionnement, fluctuations monétaires ou ralentissement économique. Et ils savent combien un événement qui paraît lointain peut rapidement avoir des conséquences très concrètes sur la vie quotidienne.

Il ne s’agit pas de céder au catastrophisme. La France dispose d’atouts importants, à commencer par son parc nucléaire et une situation électrique bien plus favorable qu’au début de la précédente crise énergétique.

Mais nous entrons dans une période d’incertitude. Après plusieurs années durant lesquelles l’État a pu amortir successivement les crises, nous devons désormais envisager qu’il ne puisse plus le faire dans les mêmes proportions.

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