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Entre recherche, intégration et santé mentale : le parcours d’Orane Lahcine

Orane Farrah Lahcine, originaire de Grenoble, est doctorante à l’UNIST (Ulsan National Institute of Science and Technology), dans le programme Health Science and Technology. Membre du Healthcare Analytics and Interaction Lab (HAI Lab), elle travaille sur les enjeux liés à la santé mentale numérique, à l’adaptation interculturelle et au bien-être des étudiants internationaux en Corée du Sud.

Pourriez-vous nous présenter votre parcours ?

Je suis Orane Farrah Lahcine, originaire de Grenoble. Je suis actuellement doctorante à l’UNIST, dans le programme Health Science and Technology.

Mes travaux portent plus largement sur la santé mentale numérique, l’utilisation des données et de l’intelligence artificielle dans le domaine de la santé, avec un intérêt particulier pour les étudiants internationaux et les questions liées à leur adaptation dans un nouvel environnement culturel.

Je vis en Corée du Sud depuis plusieurs années et j’apprécie particulièrement l’environnement académique que j’y ai découvert, notamment le dynamisme autour de la recherche et de l’innovation.

Qu’est-ce qui vous a conduite vers la Corée du Sud ?

C’est un mélange de rencontres et d’opportunités.

Je viens d’un quartier populaire de Grenoble et je n’aurais probablement pas imaginé pouvoir suivre un parcours académique aussi international. La Corée m’a offert cette possibilité, et j’en suis très reconnaissante.

Le pays propose un environnement très stimulant pour la recherche, avec de nombreuses collaborations internationales. C’était aussi une manière pour moi de sortir de ma zone de confort, de découvrir une nouvelle culture et de construire un parcours différent.

En quoi consiste votre recherche et votre engagement auprès des étudiants internationaux ?

Je suis membre du Healthcare Analytics and Interaction Lab, un laboratoire qui travaille notamment sur les liens entre santé, technologies numériques et comportement humain.

Mes recherches s’inscrivent dans le domaine de la santé mentale numérique, avec une réflexion autour de la manière dont les outils numériques peuvent accompagner les étudiants dans leur bien-être et leur adaptation.

Je m’intéresse particulièrement aux étudiants internationaux : quelles ressources peuvent les aider lorsqu’ils arrivent dans un nouveau pays ? Comment faciliter leur intégration ? Comment créer davantage de liens entre les communautés internationales et coréennes ?

Cette question devient de plus en plus importante, notamment avec l’objectif de la Corée du Sud d’accueillir davantage d’étudiants internationaux dans les prochaines années.

D’où vient cette envie d’aider à l’intégration des étudiants internationaux ?

En France, j’étais engagée comme volontaire auprès des Petits Frères des Pauvres. J’ai toujours eu une affinité avec le monde associatif et les initiatives collectives.

Lorsque je suis arrivée en Corée après la période du Covid, j’ai constaté qu’il existait encore peu de ressources pour accompagner les étudiants internationaux dans leur quotidien.

J’ai donc commencé à réfléchir à ce que je pouvais faire à mon échelle. J’ai notamment organisé des initiatives simples pour créer du lien entre étudiants : des moments de rencontre, des ressources pratiques ou encore des événements permettant aux étudiants d’échanger entre eux.

Progressivement, l’université m’a également soutenue dans cette démarche en permettant la mise en place d’activités destinées aux étudiants internationaux.

Quels défis d’adaptation culturelle avez-vous rencontrés en arrivant en Corée ?

J’ai rencontré plusieurs défis liés aux différences culturelles et aux attentes dans le milieu académique. En tant qu’européenne, j’ai parfois eu le sentiment que certaines personnes associaient ma manière de travailler ou ma relation au temps à certains stéréotypes culturels. Cela peut être difficile lorsqu’on essaie simplement de trouver sa place dans un nouvel environnement.

Un autre aspect concerne la relation entre vie professionnelle et vie personnelle. En Corée, les frontières entre les deux peuvent parfois être perçues différemment de ce que j’avais connu en France.

Il faut aussi s’adapter à une culture académique où montrer que l’on ne sait pas quelque chose, ou poser une question en public, peut être plus délicat.

En France, on nous répète souvent qu’il n’y a pas de question stupide. En Corée, j’ai parfois eu l’impression qu’il fallait davantage réfléchir à la manière de formuler ses questions, afin de ne pas donner une mauvaise impression.

Pour beaucoup d’étudiants européens, cela peut représenter un véritable changement culturel au début.

Comment l’intelligence artificielle peut-elle aider concrètement ces étudiants à mieux s’intégrer ?

Il existe plusieurs niveaux.

D’abord, l’aspect pratique : les outils numériques et les ressources d’information peuvent aider les étudiants dans leur vie quotidienne, par exemple pour mieux comprendre leur environnement, accéder aux services essentiels ou trouver les bonnes informations au bon moment.

Ensuite, il existe un enjeu important autour de l’adaptation culturelle. Certaines ressources peuvent aider à mieux comprendre des concepts spécifiques à la société coréenne, comme le nunchi, ce « sixième sens » qui consiste à lire l’atmosphère d’une situation et à anticiper les besoins ou les réactions des autres.

Cela peut permettre aux étudiants internationaux de mieux interpréter certaines situations sociales ou académiques qui ne sont pas toujours évidentes lorsqu’on arrive dans un nouveau pays.

Je m’intéresse également à la manière dont les outils numériques peuvent orienter les étudiants vers les bonnes ressources, leur donner des repères et faciliter leur accès à l’information.

Enfin, il y a aussi un enjeu essentiel autour de la création de liens entre étudiants internationaux et étudiants coréens. Il y a encore beaucoup à construire dans ce domaine.

Quel est votre objectif à travers ces recherches et ces initiatives ?

Mon objectif reste simple : faire en sorte que les étudiants internationaux se sentent moins seuls lorsqu’ils arrivent dans un nouveau pays.

Il s’agit aussi de maintenir un lien entre anciens et nouveaux étudiants, de favoriser la transmission d’expérience et d’encourager une véritable inclusion avec les étudiants coréens.

La mobilité internationale ne devrait pas seulement être une expérience académique : elle devrait aussi être une expérience humaine.

Je serais également heureuse d’échanger avec des étudiants ou anciens étudiants ayant une expérience en Corée, notamment autour des questions d’adaptation, d’intégration et de bien-être. Je suis aussi ouverte à des échanges ou collaborations sur ces sujets.

Orane Farrah Lahcine

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