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Entre Paris et Barcelone : la vision de l’investissement de Mathieu Carenzo

Installé à Barcelone depuis près de vingt ans après un parcours entre Paris, le Mexique et l’Espagne, Mathieu Carenzo partage aujourd’hui son temps entre l’investissement dans les startups et l’enseignement de l’entrepreneuriat à l’IESE Business School.

Investisseur dans plus de 70 entreprises et auteur du livre Hablando en plata, il livre son analyse des écosystèmes français et espagnol, sa vision de l’innovation et ses conseils aux Français souhaitant réussir leur installation en Espagne.

Pourriez-vous nous présenter votre parcours ainsi que votre activité actuelle?

Je suis né en 1975 à Paris et j’ai étudié en France. J’ai ensuite vécu au Mexique entre 1998 et 2004, puis je me suis installé à Barcelone où je vis depuis. Aujourd’hui, je partage mon activité entre deux axes : je suis Business Angel, ce qui signifie que j’investis dans des entreprises technologiques en phase de développement, et j’enseigne également l’entrepreneuriat à l’IESE Business School.

À la suite de votre MBA à l’IESE il y a plus de 17 ans, quels éléments vous ont conduit à rester à Barcelone et qu’est-ce que cette ville vous apporte aujourd’hui dans votre vie professionnelle et personnelle ?

Barcelone réunit selon moi de nombreuses caractéristiques qui en font une ville particulièrement attractive. Au-delà de son climat, c’est une ville à taille humaine qui attire de nombreux talents internationaux. Sur le plan professionnel, elle offre tout ce dont j’ai besoin : des universités de haut niveau, des entreprises tournées vers l’innovation, de nombreuses écoles de commerce, une culture entrepreneuriale dynamique et un écosystème d’investissement dans les startups bien développé.

Fort de votre expérience d’investisseur dans plus de 70 startups, comment percevez-vous les différences entre les écosystèmes entrepreneuriaux espagnol et français ?

J’investis majoritairement en Espagne parce que j’y vis, ce qui fait que je connais mieux ce marché, ses règles fiscales, ses acteurs juridiques et son fonctionnement global. Les écosystèmes restent très locaux dans leur fonctionnement.

L’idée selon laquelle l’Espagne serait systématiquement plus favorable que la France est, selon moi, une idée reçue. La France dispose d’ailleurs d’acteurs très actifs dans l’investissement en startups. Toutefois, elle fait face à deux défis principaux : d’une part, un manque d’appétit de la société civile pour investir dans les startups, notamment aux premières étapes ; et d’autre part, une implication encore limitée de certaines grandes entreprises dans le soutien et l’intégration des innovations issues des startups.

Pourquoi avez-vous choisi d’écrire votre livre Hablando en plata en espagnol plutôt qu’en français ?

Je l’ai écrit en espagnol parce que je vis à Barcelone et que je voyage également beaucoup en Amérique latine. C’est d’ailleurs mon principal marché et la région où je suis le plus connu.

La version anglaise est désormais disponible sur Amazon. Par ailleurs, la traduction française est en cours de finalisation et devrait être publiée d’ici septembre au plus tard. Le titre sera Parlons Cash – Un guide honnête et transparent pour entreprendre sans peur et convaincre les investisseurs.

Quels conseils donneriez-vous à un/une Français(e) souhaitant s’installer en Espagne, et quelles erreurs fréquentes faudrait-il éviter ?

Le premier conseil est d’apprendre et de maîtriser correctement l’espagnol. Ensuite, il est essentiel de garder un esprit ouvert et curieux envers la culture espagnole, ses traditions, son histoire et ses arts culinaires, entre autres.

L’intégration passe avant tout par la curiosité et l’envie d’apprendre. Il est important de comprendre que l’Espagne n’est pas simplement une extension de la France avec plus de soleil : c’est un environnement culturel et social différent qu’il faut accepter et embrasser dans sa globalité pour bien s’y intégrer.

 

Mathieu Carenzo

 

 

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