L’ASFE a pu s’entretenir avec Nathalie Floras, fondatrice et secrétaire-trésorière de l’association SauveQuiFruit, engagée dans la lutte contre le gaspillage alimentaire en valorisant les fruits non récoltés. Dans un contexte de développement de l’association et de mobilisation croissante de bénévoles, elle revient sur le fonctionnement de SauveQuiFruit, ses actions de terrain, l’organisation des récoltes ainsi que la redistribution des fruits aux associations caritatives, et partage son regard sur les enjeux environnementaux et sociaux portés par l’association.
Quel est votre rôle au sein de l’association ?
Je suis secrétaire et trésorière de l’association, que j’ai également fondée en 2022.
Comment trouvez-vous les arbres exploitables ?
Nous identifions les arbres grâce à plusieurs canaux : le bouche-à-oreille, les articles de presse, les émissions de radio, la distribution de flyers, les informations transmises par les communes partenaires ainsi que notre présence aux forums des associations.
Comment l’association s’adapte-t-elle aux saisons ?
L’activité est concentrée sur la période de récolte, de juin à octobre, lorsque les fruits sont mûrs. Le reste de l’année est consacré à la vie associative : participation aux événements (comme le forum des associations), assemblée générale au printemps, et ponctuellement des travaux comme la taille d’arbres en hiver.
Est-il plus simple de trouver des arbres au printemps ?
Oui, nous avons aujourd’hui un réseau de propriétaires réguliers. Nous les recontactons chaque année avant la période de maturité afin de savoir s’ils souhaitent à nouveau faire appel à nos services.
Comment se déroule la redistribution ?
La redistribution se fait directement lors des récoltes. Une partie des fruits est conservée par les propriétaires, une autre par les bénévoles, et le reste est destiné aux associations caritatives qui se sont annoncées en amont. Les fruits restants sont ensuite transmis à la banque alimentaire.
Développement de l’association (rapport d’activité 2024)
En 2024, l’association a poursuivi sa consolidation tout en connaissant une croissance importante des récoltes. Elle compte désormais 40 membres, avec une dizaine de bénévoles très engagés.
L’activité s’est appuyée sur une douzaine de propriétaires, dont cinq nouveaux, et a permis d’organiser 19 récoltes, parfois sur plusieurs sites en parallèle. Malgré un gel printanier, les récoltes ont été bonnes, notamment pour les pommes, les coings et les prunes.
Au total, environ 650 kg de fruits ont été récoltés, soit presque le double de l’année précédente. La majorité des fruits a pu être redistribuée à des associations caritatives telles que St Bernard du Cœur, Banc Public ou FRüTILE, tandis que certaines quantités ont également été distribuées directement aux communes partenaires.
Les fruits les plus périssables, comme les cerises, sont majoritairement consommés par les propriétaires et bénévoles. L’objectif reste que l’ensemble des récoltes trouve preneur, ce qui est globalement atteint.
L’association continue également de se développer en renforçant les compétences de ses membres, notamment via des formations en arboriculture. Elle bénéficie aussi d’un soutien logistique, avec la mise à disposition d’un lieu de stockage.
Le lien avec les habitués évolue-t-il ?
Il existe à la fois des membres actifs, principalement bénévoles, et des propriétaires qui font appel à l’association de manière ponctuelle ou régulière. Le lien se construit au fil des récoltes et des échanges.
A quelle échelle fonctionne l’association ?
L’association agit principalement à l’échelle locale, avec une zone d’intervention qui s’étend au-delà de l’agglomération de Fribourg, jusqu’à certaines communes voisines. Elle s’appuie sur des partenaires publics et privés, ainsi que sur un réseau de bénévoles et de bénéficiaires en développement.
Quels sont les retours marquants ?
Les propriétaires sont généralement satisfaits de voir leurs fruits valorisés au lieu d’être perdus. Les bénévoles apprécient l’aspect convivial, social et environnemental des récoltes. En revanche, certaines remarques des bénéficiaires montrent qu’il reste un travail de sensibilisation à faire sur les fruits non calibrés et naturels.
