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Le ballet diplomatique

Le week-end dernier a été marqué par une actualité internationale intense dont le cœur était, bien sûr, la guerre en Ukraine. Le président Zelensky, dans son invariable tenue militaire, a réussi un incroyable tour de force en s’échappant de son pays pour aller d’abord à la rencontre des pays de la Ligue arabe, réunis à Djeddah, puis à celle des nations riches du G7, à Hiroshima. Et, pendant ce temps, se jouait le sort de Bakhmout, cette ville ukrainienne en ruine après plus de dix mois de combat.

Au nombre des symboles, on retiendra que Volodymyr Zelensky a voyagé à bord d’un avion sur lequel était inscrit « République française ». D’Arabie saoudite au Japon, la diplomatie française a bâti, en cette circonstance, une série à succès. L’autre image forte qui demeurera : alors que Vladimir Poutine est isolé, retranché dans son palais du Kremlin, boycotté par une partie du monde et même empêché de sortir de son pays à cause d’un mandat d’arrêt édicté contre lui par la Cour pénale internationale, son homologue ukrainien discute avec les grands de ce monde.

La tournée diplomatique de Zelensky, préalable à la contre-offensive de son armée pour récupérer les territoires occupés par les Russes dans son pays, lui a permis d’engranger une précieuse victoire, peut-être la plus importante de ces derniers mois : la levée du tabou américain sur la livraison des avions de combat F-16. En autorisant aux pays qui en possèdent de livrer à l’Ukraine des F-16 de fabrication américaine, Joe Biden a fait franchir un pas supplémentaire à l’aide militaire occidentale. Geste sans doute motivé par l’attitude héroïque du président ukrainien depuis le début des hostilités et par la pression exercée par certains alliés européens.

De son côté la Chine, qui vient d’organiser un sommet des pays d’Asie centrale sans la Russie, a manifesté son « vif mécontentement » vis-à-vis du communiqué du G7, qui appelle Pékin à « ne pas mener d’activités d’ingérence », la formule est forte et renvoie, bien entendu, à Taïwan.

Dans ce ballet diplomatique, la France a évidemment joué sa carte. A Hiroshima, Emmanuel Macron a multiplié les rencontres pour faire émerger une coalition internationale allant au-delà des soutiens déjà acquis à l’Ukraine. Il souhaitait rapprocher les pays du Nord et ceux du Sud, et promouvoir un « sommet pour la paix » en Ukraine, aux conditions de ce pays.

Malheureusement, parmi les poids lourds invités par le Japon au G7, il n’est parvenu à parler en tête à tête qu’à l’Indien Narendra Modi. Le président brésilien n’a pas trouvé le temps pour une rencontre bilatérale. Les deux hommes divergeraient sur les voies pour convaincre Vladimir Poutine d’arrêter la guerre. Inutile de souligner que les pays occidentaux devront offrir des gages supplémentaires qui sonnent aux oreilles des pays du « Sud global », comme la sécurité alimentaire ou l’énergie, pour les inciter à sortir de leur neutralité.

L’équipe de l’ASFE

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