Quelles sont les villes les plus polluées au monde ? En haut du classement, on retrouve Delhi, Dakar, Mumbai, Pékin et Johannesbourg. Paris se trouve à la 17ème place, entre Tokyo et Los Angeles. 

La pollution de certaines métropoles a atteint des niveaux records fin janvier, entraînant la fermeture de centaines d’écoles et deux universités comme à Bangkok en Thaïlande dont le lycée français. 

Pour y remédier, des drones devaient être déployés dans le but de déverser une solution liquide censée nettoyer l’air de particules microscopiques. Des avions ont déversé des produits chimiques dans les nuages, afin de former des averses, et des camions vaporisé de l’eau dans les rues, mais l’efficacité de ces méthodes demeure controversée et le niveau de pluie tombé, insuffisant.

Si les particules fines d’un diamètre n’excédant pas 10 μ (≤ PM10) peuvent pénétrer à l’intérieur des poumons, celles dont le diamètre est inférieur ou égal à 2,5 μ (≤ PM2.5) sont plus nocives, pouvant franchir la barrière pulmonaire et entrer dans la circulation sanguine. 

Les particules fines PM2,5 comprennent le sulfate, les nitrates et le carbone noir, polluants les plus dangereux pour la santé humaine. Les recommandations de l’OMS sont des valeurs  :

  • annuelles moyennes de 20 μg/m3 (pour les PM10) et de 10 μg/m3 (pour les PM2,5), 
  • en moyenne sur 24h de 50 μg/m3 (PM10) et de 25 μg/m3 ( pour les PM2,5).

Pour les PM2,5, l’Union européenne a fixé son objectif de qualité à 20μg/m3 en moyenne sur l’année. Si on se réfère aux normes de l’OMS – deux fois plus protectrices, la proportion de population urbaine de l’UE exposées à des concentrations supérieures grimpe à 74%

Les niveaux mesurés dans Bangkok de PM2,5 ont évolué en janvier entre 80 et 100 microgrammes par m3. La capitale de la Thaïlande est loin d’être la ville la plus polluée au monde pourtant. Delhi, Dakar et Mumbai arrivent en tête du classement et Paris en 17ème position, en prenant en compte le taux de particules fines PM10 (cf carte).  

L’OMS a avancé en 2018 des chiffres pour le moins préoccupants : 

  • 9 personnes sur 10 respirent un air contenant des niveaux élevés de polluants. 
  • 7 millions de personnes meurent chaque année selon les estimations à cause de l’exposition aux particules fines contenues dans l’air pollué. 

Ces particules pénètrent dans les poumons et le système cardiovasculaire, causant AVC, cardiopathies, cancers et infections respiratoires. Rien que dans l’Union européenne, près de 422 000 personnes mourraient prématurément des suites de la pollution de l’air dont 48 000 en France et l’Allemagne en paie le plus lourd tribut (62 300)

En mai dernier, la Commission européenne a envoyé la France devant la Cour de Justice de l’Union européenne (CJUE) pour non-respect des normes de la qualité de l’air, ainsi que 9 autres Etats : Allemagne, Royaume-Uni, Italie, Hongrie et Roumanie. La Commission reproche à la France le fait que douze zones sont soumises à des niveaux de dioxyde d’azote très élevés, liés entre autres à la circulation routière. 

La pollution de l’air dans les grandes villes demeure un enjeu de santé publique majeur. Non seulement les maires sont concernés, mais également les euro-députés. Il convient de se demander si la qualité de l’air sera évoquée et constituera une priorité dans les programmes des partis en lice pour les élections européennes de mai prochain. 

Sources : 

OMS ( article ici

France Info ( article ici

Le Monde ( article ici )

Statista ( image ici

Pour en savoir plus sur les travaux de l’Union européenne ( communiqué de presse de 2016 , site du Conseil de l’Union européenne et fiches thématiques de l’UE sur la qualité de l’air) .