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Cette semaine nous avons eu l’occasion de nous entretenir avec Joël Doglioni, conseiller consulaire en Colombie. Chef d’entreprise, né à Paris, il a passé son enfance en Savoie. Il est implanté à Bogota depuis 1982. Élu Conseiller à l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE) en 2003 et réélu en 2009, il défends également les intérêts des français de l’étranger comme administrateur de la Caisse des Français de l’Étranger (CFE).

Il revient pour l’ASFE sur l’attentat commis la semaine dernière en Colombie, un véritable choc dans un pays qui n’avait plus connu une telle violence depuis des années.

DÉROULEMENT DE L’ATTENTAT

« Le 17 janvier à 9.30 du matin une voiture piégée a explosé à proximité de l’Ecole des Officiers de la Police colombienne, en plein Bogota, tuant 21 personnes et laissant des dizaines d’autres blessées, mutilées et polytraumatisées (68 personnes). C’était une attaque extrêmement violente, faite pour tuer le plus grand nombre possible. Une boucherie.

J’ai été averti immédiatement par mes collaborateurs car nos bureaux sont assez proches à quelques kilomètres de l’école des cadets de la police nationale General Santander. C’est à la fois un attentat ciblé puisqu’il vise l’un des piliers de l’Etat et en même temps une attaque indiscriminée car la charge était tellement puissante qu’elle ne pouvait que tuer et mutiler des dizaines de personnes.

Sur l’auteur de l’attentat, on sait déjà qu’il vient de l’Arauca, un département très marqué par la présence de l’ELN (Armée de libération nationale), le dernier groupe armé d’ultra-gauche encore actif en Amérique latine. Le Procureur général a d’ailleurs déclaré que les auteurs intellectuels de l’attentat sont les deux dirigeants de l’ELN, José Rojas Rodriguez et Ricardo Andrés Carvajal Salgar. »

 

SITUATION ACTUELLE ET RESSENTI DE LA POPULATION

« Les colombiens sont évidemment très tristes et très choqués par cet événement qui leur rappelle des moments très difficiles de leur histoire récente, comme l’époque du narco-terrorisme. Mais c’est aussi un peuple très aguerri par 60 ans de conflit civil. Je peux vous dire d’avance que les colombiens ne se laisseront pas abattre psychologiquement. Ils sont très forts. Très « résilients ” comme on dit aujourd’hui.”

« Le peuple colombien est très mature. Il est conscient de la menace qui continue de planer mais il ne veut pas se laisser empêcher de travailler, d’investir, de croire en l’avenir. A certains égards, je pense que la psychologie collective colombienne est assez proche de celle des israéliens.

Je ne sais pas si c’est un événement isolé ou si cela fait partie d’une stratégie de tension de l’ELN. Mais après tant d’années passées dans ce pays, ce dont je suis sûr c’est que cela n’aboutira à rien. L’Etat et la société ne vont pas se mettre à genoux. »

MESURES DE SÉCURITÉ MISES EN PLACE

La sécurité a été renforcée. « Même si les mesures prises ne sont pas réellement visibles. C’est le renseignement qui prime dans cette guerre contre un ennemi particulièrement lâche. Laissez-moi vous dire que l’armée colombienne, les services de renseignement et la police sont extrêmement efficaces, disposent de gros moyens et de beaucoup d’expérience. Ils ont surtout un avantage incomparable: la société les appuie et est massivement derrière eux. »

 

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