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Le 3 février 2019, les Salvadoriens ont élu un nouveau Président: Nayib Bukele, âgé de seulement 37 ans. Quelles sont les conséquences de l’arrivée de celui qualifié par Le Monde d’« l’enfant terrible de la politique salvadorienne » à la tête de l’Etat ? Nous avons demandé son avis à Alain Kahn, conseiller consulaire du Salvador.

OPINION

“Je ne sais pas pourquoi on parle de ce nouveau président de manière si négative au sein des médias français. On le compare a un enfant terrible d’après les dires des journaux français.

Je l’ai connu en tant que maire de la ville de San Salvador (mandat précédent). Nous avons inauguré ensemble une avenue au nom du Colonel Arturo Castellanos, un Colonel salvadorien qui a sauvé un nombre très important de juifs -dont un grand nombre de français-pendant la Seconde Guerre mondiale. 

Les journaux parlent de ce nouveau président comme de celui qui était le candidat anti-système. Il faudrait peut être le laisser commencer avant d’en parler ces termes.

Il est le candidat qui a laissé derrière […] les partis traditionnels de gauche et de droite, un peu comme le Président Macron. Il fait partie et est en en train d’établir un nouveau système, ou les forces classiques droite gauche sont moins présentes, un système politique différent – je dirais.

Il aura comme objectif de lutter contre la corruption, la violence criminelle des gangs. C’est une vraie tâche que tous les présidents ont dû affronter. […] Comme au Mexique et au Guatemala voisin, il y a de la violence dans certaines parties du pays. […]

Le nouveau président a laissé derrière la gauche et la droite classique, donc ici aussi un peu comme en France en 2017, on  attend de voir les premiers pas de ce nouveau président qui offre une nouvelle vision. Il incarne le jeunesse et s’adresse beaucoup aux jeunes. Je crois que c’est positif. Il a une certaine expérience pour gouverner vu qu’il a été deux fois maire.
Attendons de voir ce qu’il fait. […]

SITUATION DE LA SÉCURITÉ SUR PLACE

La situation sécuritaire a évolué positivement dans le pays, mais cette amélioration est en trompe-l’oeil. En effet, ces derniers temps, on comptabilise moins de crimes commis par les gangs. Sauf que ceux-ci font disparaitre les victimes, ce qui fausse les chiffres. Donc, au fond, c’est un pays, comme ceux de la région, où il faut bien entendu prendre cette variable de la sécurité en compte.

J’ai présidé la chambre de commerce française pendant 8 ans et on parlait d’un coût supplémentaire qu’il faut prendre en compte pour aborder ce marché salvadorien. Beaucoup d’entreprises françaises ont fait de très bonnes affaires ici, elles ont dû partir du pays car la maison-mère  avait décidé de mettre fin à leur présence. Par exemple, Total, Telecom, Airbus, Lacoste y ont fait un temps d’excellentes affaires. Le pays a été le client numéro un d’Airbus pendant 10 ans en Amérique latine, et d’ailleurs il y a ici le seul centre d’entretien d’Airbus pour la région. Récemment, un site de génération d’électricité photovoltaïque a été installé par une entreprise française ici, c’est le plus vaste de la région.

J’invite les entreprises françaises à venir connaitre ce marché fertile du Salvador. Donc faites passer le message aux entrepreneurs français pour qu’ils misent sur ce pays peu connu mais très intéressant !

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