S’ils sont expulsés, je préfère qu’ils soient jugés et condamnés, sévèrement (…) punis en France plutôt qu’ils se dispersent dans la nature pour fomenter d’autres actions y compris contre notre pays“. Par cette déclaration, Edouard Philippe confirme ainsi le changement de doctrine sur le cas des djihadistes français détenus en Syrie. 

A l’origine de ce revirement, le contexte géopolitique en Syrie: Les Etats-Unis ont annoncé le retrait de leur troupes de Syrie en décembre 2018, fragilisant la situation des territoires sous contrôle kurde, désormais menacés par les velléités turques et la poussée des forces de Bashar el Assad. La France, affectée par le retrait américain, n’a pas les moyens de renforcer ses positions en Syrie ni même de maintenir le contingent de 200 individus impliqués sur le terrain. 

Dans ce contexte, la présence d’environ 130 ressortissants français détenus par les forces kurdes, dont plus de la moitié sont des enfants, s’avère problématique. La ministre de la justice, Nicole Belloubet, a pour sa part confirmé, le 31 janvier sur RTL, le choix fait par le gouvernement, “celui de la préférence du contrôle et donc du rapatriement en France”. Plusieurs options sont étudiées, notamment en ce qui concerne les mineurs qui feront l’objet d’un “traitement spécial au cas par cas” selon le ministre des affaires étrangères, Jean-Yves le Drian. 

Cette décision a soulevé de nombreuses critiques d’autres familles politiques, notamment du député LR Pierre-Henri Dumont, qui appelle à des “assassinats ciblés”. Il est à noter qu’environ 250 autres djihadistes sont encore en liberté en Syrie. 30 djihadistes ayant purgé leur peine vont quant à eux, sortir de prison en 2019, a ajouté Nicolle Belloubet, qui précise qu’un suivi “extrêmement strict” est effectué par les services de renseignement territoriaux.