Il y a 3 ans était créé le parquet national financier dans le but de marquer un tournant dans la lutte contre la corruption en France, à la suite du scandale politico-financier Cahuzac. En dépit de sa « jeunesse », cette institution s’est retrouvée au cœur du débat politique à l’occasion de l’élection présidentielle. Cela s’est vérifié aujourd’hui encore, après l’annonce de l’ouverture d’une enquête suite à la plainte déposée par Emmanuel Macron en réponse aux accusation de Marine Le Pen sur l’existence éventuelle d’un compte au Bahamas.

Après la révélation de l’affaire Cahuzac en décembre 2012, alors que ce dernier était ministre délégué au Budget, le Gouvernement a souhaité doter l’institution judiciaire «d’instruments nouveaux permettant de faciliter la détection des infractions, de renforcer l’efficacité des poursuites et d’accroître le recouvrement des avoirs criminels qui en sont le produit.» L’objectif avoué est de «lutter de manière déterminée contre toutes les formes de fraudes et d’atteintes à la probité portant atteinte tant à la solidarité nationale qu’à l’exemplarité de la République».

Le 30 janvier 2014, Eliane Houlette est nommée procureur de la République financier. Pour l’accompagner dans ses fonctions, elle fait appel à des services d’enquête dédiés, et a vocation à travailler en particulier avec l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF).

Compétent pour prendre en charge des dossiers de fraude fiscale, de corruption et d’affaires boursières, d’une grande complexité, le parquet a compétence sur la France entière.
Il est composé, outre le procureur de la République financier qui est sous l’autorité du procureur général de Paris, de 15 magistrats, 10 fonctionnaires et 4 assistants.

Le parquet national financier semble avoir fait ses preuves et justifié son existence. Dans un futur proche, il pourrait voir ses compétences élargies par la création d’un parquet financier européen, qui permettrait de développer la coopération européenne dans les dossiers de fraude fiscale.